Auteur

Hélène Ouvrard

On croit parfois que la vie change les êtres. Non, elle ne fait que les révéler.
Vivre c'est pécher. Et vous péchez par le seul fait d'exister...
Le temps est démesuré quand on est petit et qu'on attend.
Ce qui est le pire, au fond, ce n'est pas de renoncer à un être. On finit toujours par trouver des raisons. C'est de renoncer à ce qu'il représente dans une vie.
Au fond, tout le mystère de la poésie est d'être attentif au monde.
Quoique l'on dise, le passé ne lie pas.
Les puissants des cieux, comme ceux de la terre n'accordent leurs faveurs qu'à ceux qui leur renvoient l'image de leur propre gloire.
La liberté n'a pas de prix. On paye la rançon qui nous a été demandée - fût-ce notre chair - le jour où l'on a compris qu'on ne pouvait vivre sans elle.
Le calme qui évoque la paix dans la nature, fait toujours présager, dans l'entourage des humains, quelque sinistre catastrophe, comme si leur état normal était l'agitation, le bruit et la fureur.
Une grande douleur, un grand amour, s'effacent-ils vraiment?
Seule la marge d'erreur ou d'ignorance qui se glisse dans l'évaluation de deux individus l'un par l'autre détermine vraiment la marge d'absence qui s'établit entre eux.
La bonté des humains n'est qu'apparences. Derrière elles, on découvre le même vide que l'on sent en soi. Le froid d'une demeure vide. Où l'on ne peut vivre.
Trop de douceur écrite sur la figure. C'est le signe de ceux que l'on exploite.
Pour écrire, il faut se reprendre, soi. Etre capable d'entendre rire les pierres si l'on veut saisir sa propre voix.
L'amour est une lutte contre la partie de soi-même que l'on voit réfléchie dans l'autre.
L'amour et les affaires, c'est une drôle de paire. Ça va aussi bien ensemble que délicatesse et ambition.
Il n'y a pas de sots métiers. Mais que d'absurdes!
Quand l'amour se tait, l'amour est mort.
Le bonheur, cela ne s'installe pas dans la permanence, le malheur, oui.
Il faut sans cesse et sans cesse passer par toutes les étapes de la désillusion, se retrouver seul et toucher le fond de sa détresse. Choisir le difficile, l'impossible, la nuit, ce qui n'est pas dit. Ecrire est à ce prix - Vivre aussi.
Le gouffre le plus angoissant qui soit: l'amour...
Synonyme de solitude, sinon de chasteté, le célibat n'a-t-il jamais satisfait personne...
Les âmes sont ainsi. Elles se vendraient pour posséder un corps mais n'ont rien de plus urgent à faire que de quitter à la moindre défaillance celui qui leur a donné asile et nourriture.
Il faut être riche de temps et d'argent pour avoir une vie intellectuelle: la culture n'est pas à la portée des démunis de la société.
L'être est un mystère que l'on ne finit pas de creuser.

Œuvres de Hélène Ouvrard

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