Les souvenirs, ça fait mal. Surtout les bons.
La vieillesse rendait-elle insensible à la souffrance ou était-ce simplement le masque qui gagnait en solidité?
Son regard exprimait la sagacité et la tristesse. Peut-être l'explication à la froideur du grand âge est-elle beaucoup plus simple: ces yeux là ayant vu trop de mal, ils ne veulent pas en voir davantage.
Aucun bruit de la vie ne filtre jusqu'à vous. Aucune parole vivante. Votre existence se déroule sur bande-son artificielle.
Quand on se retrouve enfermé dans le noir, seul avec ses pensées, l'esprit se tourne en dedans et c'est la débandade.
Un homme pouvait se sacrifier par machisme, par stupidité ou du fait d'une fois aveugle en une hypothétique victoire. Une femme se sacrifiait sans se raconter de bobards.
Politiciens et journalistes: deux espèces en voie de prolifération caractérisées par une langue d'un bois si dur qu'on pouvait en faire des battes de base-ball.
Quand un livre marche, je dis toujours que c'est grâce à moi. Quand il ne marche pas, je dis que c'est à cause de la traduction.
J'écris sur la vie quotidienne dans un environnement ordinaire, même si je plaque dessus des situations extraordinaires. C'est sans doute pour ça que les lecteurs arrivent autant à s'identifier à mes livres.
J'ai toujours envie de faire des choses différentes, même s'il y a des similarités entre mes livres. Chaque livre est un nouveau sentier et la prochaine fois, vous ne pourrez pas emprunter le même... C'est toujours un challenge.
Certains jours, tout coule de source, d'autres, il faut se battre avec chaque ligne. Beaucoup de pages sont un combat. Mais j'essaie de ne pas trop m'attarder sur un livre quand je l'ai fini, sinon j'aurais envie de tout reprendre à chaque fois.
Ma mère s'autoproclamait avec fierté «la pire cuisinière du monde». Elle avait raison. Mais elle savait très bien réserver une table au restaurant...
Je ne serai jamais blasé par rapport au succès. Je n'ai pas oublié qu'à mes débuts personne ne lisait mes livres. Je donne le meilleur de moi-même à chaque roman, et pourtant je suis toujours persuadé que le lecteur ne sera pas au rendez-vous.
Aujourd'hui, j'écris le genre de livres que les touristes du monde entier emportent avec eux en vacances mais qui les fait s'enfermer dans leur chambre pour savoir ce qui va arriver aux personnages.
J'ai une vision romantique et quelque peu oblique de la banlieue: j'admire sincèrement ces familles qui tentent de survivre en s'endettant pour se payer une maison identique à toutes les autres.
Ce qui m'intéresse, c'est de plonger des gens ordinaires dans des situations extraordinaires.
Mes héros ne sont pas des super-héros, juste des gens normaux. C'est ce qui permet aux lecteurs de se les approprier et de se passionner pour le sort que je leur réserve.
Les personnages d'un roman sont un peu comme des icebergs: on ne peut en voir que le pic, la face émergée, mais il y a toujours une autre face, cachée sous l'eau, et lorsque l'eau descend il faut se laisser surprendre par ce que l'on va découvrir.
Je n'écoute pas la Muse: elle me harcèle et me fait travailler. Je ne crois pas à l'inspiration, ni à la magie, mais au travail.
Ne jamais écrire une phrase que l'on pourrait réduire. Savoir couper, c'est savoir écrire.
Il n'y a que l'écriture qui puisse percer le mystère de l'écriture. Tous les discours sont impuissants à percer ce mystère. Il est toujours difficile, effrayant, de commencer à écrire.
Je prends l'annuaire du téléphone. Au bout de dix minutes d'ennui maximal, j'ai de nouveau envie d'écrire plutôt que de continuer à m'ennuyer. Voilà pourquoi l'annuaire du téléphone peut sauver un écrivain!
L'adolescence est un âge difficile. Le lycée est une zone de guerre.
Les victoires ont tendance à glisser sur vous. Les défaites - les morts - restent à vos côtés, vous tapent sur l'épaule, alourdissent votre démarche, s'approprient votre sommeil.
Il y a des choses qu'on range, qu'on colle au fond d'un placard, qu'on pense ne plus revoir - mais qu'on ne se résout pas à mettre à la poubelle. Un peu comme les rêves, quoi.
Œuvres de Harlan Coben
A quelques secondes près (2012)Dans les bois (2007)Disparu à jamais (2003)Du sang sur le green (1997)Faute de preuves (2010)Innocent (2006)Interview Harlan Coben Par François Busnel (Lire), le 01/06/2005Interview dans Lire, juin 2005.Interview dans Métro, 1 mai 2007.Interview dans Métro, 9 avril 2008.Interview à l'hebdomadaire l'Express, 22 avril 2008.Juste un regard (2004)Ne le dis à personne (2001)Ne le dis à personne (2002)Ne t'éloigne pas (2012)Promets-moi (2006)Remède mortel (2011)Rupture de contrat (2003)Sans un mot (2008)Six ans déjà (2013)