Œuvre
Interview dans Lire, juin 2005.
Aujourd'hui, j'écris le genre de livres que les touristes du monde entier emportent avec eux en vacances mais qui les fait s'enfermer dans leur chambre pour savoir ce qui va arriver aux personnages.
J'ai une vision romantique et quelque peu oblique de la banlieue: j'admire sincèrement ces familles qui tentent de survivre en s'endettant pour se payer une maison identique à toutes les autres.
Ce qui m'intéresse, c'est de plonger des gens ordinaires dans des situations extraordinaires.
Mes héros ne sont pas des super-héros, juste des gens normaux. C'est ce qui permet aux lecteurs de se les approprier et de se passionner pour le sort que je leur réserve.
Les personnages d'un roman sont un peu comme des icebergs: on ne peut en voir que le pic, la face émergée, mais il y a toujours une autre face, cachée sous l'eau, et lorsque l'eau descend il faut se laisser surprendre par ce que l'on va découvrir.
Je n'écoute pas la Muse: elle me harcèle et me fait travailler. Je ne crois pas à l'inspiration, ni à la magie, mais au travail.
Ne jamais écrire une phrase que l'on pourrait réduire. Savoir couper, c'est savoir écrire.
Il n'y a que l'écriture qui puisse percer le mystère de l'écriture. Tous les discours sont impuissants à percer ce mystère. Il est toujours difficile, effrayant, de commencer à écrire.
Je prends l'annuaire du téléphone. Au bout de dix minutes d'ennui maximal, j'ai de nouveau envie d'écrire plutôt que de continuer à m'ennuyer. Voilà pourquoi l'annuaire du téléphone peut sauver un écrivain!