Bêtes : - Ah ! si les bêtes pouvaient parler ! Il y en a qui sont plus intelligentes que les hommes.
Auteur
Gustave Flaubert
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Elle se répétait : J'ai un amant ! un amant ! se délectant à cette idée comme à celle d'une autre puberté qui lui serait survenue. Elle allait donc posséder enfin ces joies de l'amour, cette fièvre du bonheur dont elle avait désespéré.
Ils se regardèrent et leurs pensées, confondues dans la même angoisse, s'étreignaient étroitement, comme deux poitrines palpitantes.
Par une concentration plus forte, j'aurai des poèmes sublimes, des monuments éternels et toute la matière sera pénétrée des vibrations de ma cithare !
C'est une chose étrange, pensait Emma, comme cette enfant est laide !
Ce qui me navre, c'est : 1° la férocité des hommes; 2° la conviction que nous allons entrer dans une ère stupide. On sera utilitaire, militaire, américain et catholique, très catholique ! vous verrez !
Nous étions à l'Etude, quand le Proviseur entra, suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait un grand pupitre.
Mais il ne faut jamais penser au bonheur cela attire le diable, car c'est lui qui a inventé cette idée-là pour faire enrager le genre humain.
Quand l'ambroisie défaille, les Immortels s'en vont !
La presse est une école d'abrutissement parce qu'elle dispense de penser.
L'objet d'un raisonnement a moins de valeur que la manière de raisonner. Qu'importe la croyance ! Le principal est de croire.
Une convulsion la rabattit sur le matelas. Tous s'approchèrent. Elle n'existait plus.
Alors elle s'était tue, avalant sa rage dans un stoïcisme muet, qu'elle garda jusqu'à sa mort.
Quelle meilleure chose, en effet, que d'être le soir au coin du feu avec un livre, pendant que le vent bat les carreaux.
Il faut mettre son coeur dans l'art, son esprit dans le commerce du monde, son corps où il se trouve bien, sa bourse dans sa poche et son espoir nulle part.
Elle était l'amoureuse de tous les romans, l'héroïne de tous les drames, le vague elle de tous les volumes de vers.
Je demande, au nom de l'humanité, à ce qu'on broie la Pierre-Noire, pour en jeter les cendres au vent, à ce qu'on détruise la Mecque, et que l'on souille la tombe de Mahomet. Ce serait le moyen de démoraliser le Fanatisme.
La femme est un produit de l'homme. Dieu a créé la femelle, et l'homme a fait la femme elle est le résultat de la civilisation, une oeuvre factice.
Le meilleur de la vie se passe à dire il est trop tôt, puis il est trop tard.
Tout le monde, par excès de terreur, devenait brave.
Le plus médiocre libertin a rêvé des sultanes, chaque notaire porte en soi les débris d'un poète.
N'importe ! elle n'était pas heureuse, ne l'avait jamais été. D'où venait donc cette insuffisance de la vie, cette pourriture instantanée des choses où elle s'appuyait ?
Ce qui me semble beau, ce que je voudrais faire, c'est un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait lui-même par la force interne de son style.
L'ineptie consiste à vouloir conclure. Oui, la bêtise consiste à vouloir conclure. Quel est l'esprit un peu fort qui ait conclu, à commencer par Homère ? Contentons-nous du tableau, c'est ainsi, bon.
Ce qui me semble, à moi, le plus haut dans l'Art (et le plus difficile), ce n'est ni de faire rire, ni de faire pleurer, ni de vous mettre en rut ou en fureur, mais d'agir à la façon de la nature, c'est-à-dire de faire rêver. Aussi les très belles oeuvres ont ce caractère. Elles sont sereines d'aspect et incompréhensibles. Quant au procédé, elles sont immobiles comme des falaises, houleuses comme l'Océan, pleines de frondaisons, de verdures et de murmures comme des bois, tristes comme le désert, bleues comme le ciel.
Œuvres de Gustave Flaubert
AgoniesBouvard et Pécuchet (1881)Bouvard et Pécuchet (1881), XCarnetsCorrespondanceCorrespondance (1830-1851)Correspondance (1887-1893)Correspondance (à propos de Madame Bovary).Correspondance 1859-1860Correspondance I, A Alfred Le Poittevin, 2 avril 1845Correspondance I, A Emmanuel Vasse de Saint-Ouen, 4 juin 1846Correspondance I, A Louise Colet, 15 août 1846Correspondance I, A Louise Colet, 15 février 1847Correspondance I, A Louise Colet, 17 septembre 1846Correspondance I, A Louise Colet, 20 décembre 1846Correspondance I, A Louise Colet, octobre 1847Correspondance I, à Louise Colet, 12 août 1846Correspondance I, à Louise Colet, 30 janvier 1847Correspondance à George Sand (1871)Correspondance à George Sand, 1866.