Auteur

Gustave Flaubert

Pour qu'on se plaise quelque part, il faut qu'on y vive depuis longtemps. Ce n'est pas en un jour qu'on échauffe son nid et qu'on s'y trouve bien.
J'ai eu dans mon enfance et ma jeunesse un amour effréné des planches. J'aurais été peut-être un grand acteur, si le ciel m'avait fait naître plus pauvre.
Célibataires: Tous égoïstes et débauchés; on devrait les imposer.
Ces mêmes gens qui disent «poésie des lacs» etc., détestent fort toute cette poésie, toute espèce de nature, toute espèce de lac, si ce n'est leur pot de chambre qu'ils prennent pour un océan.
Pour qu'une punition soit bonne, dit Bentham, elle doit être proportionnée à la faute, sa conséquence naturelle.
- Laissez-moi tranquille avec votre hideuse réalité! Qu'est-ce que cela veut dire, la réalité? Les uns voient noir, d'autres bleu, la multitude voit bête. Rien de moins naturel que Michel-Ange, rien de plus fort!
Et voilà comme la vertu est toujours récompensée. Si elle était récompensée, elle ne serait pas la vertu.
L'horizon perçu par les yeux humains n'est jamais le rivage, parce qu'au delà de cet horizon, il y en a un autre, et toujours!
Il y a deux verbes: saisir signifie prendre tout d'un coup, empoigner, et se saisir de veut dire s'emparer, se rendre maître.
L'amour est une plante de printemps qui parfume tout de son espoir, même les ruines où il s'accroche.
Histoire de l'esprit humain, histoire de la sottise humaine! comme dit M. de Voltaire.
Je crois, si le bonheur est quelque part, qu'il est dans la stagnation. Les étangs n'ont pas de tempêtes.
Ainsi leur rencontre avait eu l'importance d'une aventure. Ils s'étaient, tout de suite, accrochés par des fibres secrètes. D'ailleurs, comment expliquer les sympathies?
Nous allons la semaine prochaine commencer nos courses aux Thermopyles, Sparte, Argos, Mycènes, Corinthe, etc. Ce ne sera guère qu'un voyage de touriste (oh!!): il ne nous reste ni temps, ni argent.
Il y a pour les touristes des magasins pleins de pierres du forum arrangées en presse-papiers pour mettre sur les bureaux. On a fait des porte-plume avec les marbres du temple. Tout cela agace bougrement les nerfs.
Elle n'aimait la mer qu'à cause de ses tempêtes, et la verdure seulement lorsqu'elle était clairsemée parmi les ruines.
Il avait un pied faisant avec la jambe une ligne presque droite, ce qui ne l'empêchait pas d'être tourné en dedans, de sorte que c'était un équin mêlé d'un peu de varus, ou bien un léger varus fortement accusé d'équin.
Le soir, pendant le souper, son père déclara que l'on devait à son âge apprendre la vénerie; et il alla chercher un vieux cahier d'écriture contenant, par demandes et réponses, tout le déduit des chasses.
Toutes les affections proviennent des vers. Ils gâtent les dents, creusent les poumons, dilatent le foie, ravagent les intestins, et y causent des bruits.
Qu'avait-il besoin du baptême s'il était le Verbe? Comment le Diable pouvait-il le tenter, lui, Dieu?
Le vers est la forme par exellence des littératures anciennes. Toutes les combinaisons prosodiques ont été faites; mais celles de la prose, tant s'en faut.
Il faut rire et pleurer, aimer, travailler, jouir et souffrir, enfin vibrer autant que possible dans toute son étendue. Voilà, je crois, le vrai humain.
Les honneurs déshonorent, le titre dégrade, la fonction abrutit.
Ce qui me semble beau, ce que je voudrai faire, c'est un livre sur rien qui se tiendrait par la force intérieure de son style.
Un infini de passions peut tenir dans une minute.

Œuvres de Gustave Flaubert

AgoniesBouvard et Pécuchet (1881)Bouvard et Pécuchet (1881), XCarnetsCorrespondanceCorrespondance (1830-1851)Correspondance (1887-1893)Correspondance (à propos de Madame Bovary).Correspondance 1859-1860Correspondance I, A Alfred Le Poittevin, 2 avril 1845Correspondance I, A Emmanuel Vasse de Saint-Ouen, 4 juin 1846Correspondance I, A Louise Colet, 15 août 1846Correspondance I, A Louise Colet, 15 février 1847Correspondance I, A Louise Colet, 17 septembre 1846Correspondance I, A Louise Colet, 20 décembre 1846Correspondance I, A Louise Colet, octobre 1847Correspondance I, à Louise Colet, 12 août 1846Correspondance I, à Louise Colet, 30 janvier 1847Correspondance à George Sand (1871)Correspondance à George Sand, 1866.