Lorsqu'une femme occupe vos pensées toute la journée, on ne devrait pas, par surcroît, rêver d'elle la nuit.
Quand on est jeune, on échafaude un programme de travail dont on s'imagine qu'il durera toute la vie et résistera à n'importe quel cataclysme.
La haine ressemble beaucoup à l'amour physique: elle a ses moments de crise et ses périodes de calme.
C'est une chose étrange de découvrir et de croire qu'on est aimé, quand on sait que personne ne peut aimer personne qu'un père, une mère ou un Dieu.
Il y a des hommes qui nous inspirent l'irrésistible besoin de les taquiner: ceux dont les vertus ne sont pas les nôtres.
On n'accueille pas invariablement avec joie la présence d'une femme, même lorsqu'on en est amoureux.
N'importe quelle prière vaut mieux que l'absence de prière. C'est une façon de reconnaître la puissance de Dieu, et c'est à mon avis une façon de le louer.
Le désespoir est le prix qu'il faut payer lorsqu'on s'est fixé un but impossible.
Rien n'est pire qu'un rire stupide.
Une déficience est souvent un don.
Le mal ressemble à Peter Pan. Il possède le privilège horrible et horrifiant de l'éternelle jeunesse.
Aucun être humain ne peut réellement en comprendre un autre; personne ne peut tout arranger pour le bonheur d'un être.
On ne peut pas aimer l'humanité. On ne peut aimer que des gens.
Les femmes sont d'une ingéniosité effrayante: sur les ruines de plans qui échouent, elles en bâtissent immédiatement de nouveaux.
La mort n'est pas la fin de la souffrance. Croire à la paix est une sorte d'hérésie.
La nature humaine a, elle aussi, d'étranges raisons biscornues que le coeur ignore certainement.
C'est lorsque nous aimons notre péché que nous sommes damnés irrémédiablement.
Croire que parce que ses yeux n'expriment rien, un être ne souffre pas, est une erreur facile à commettre.
L'amitié est une émanation de l'âme. C'est en quelque chose qu'on sent. On ne la donne pas en échange d'un autre don.
Il faut parfois autant de courage pour garder une façade acceptable en allant au-devant de la souffrance quotidienne d'un autre être.
Il est possible que les manoeuvres ne servent pas à gagner les batailles, mais les exercices forment le caractère.
Tandis qu'un animal se tapit dans le noir pour mourir, un homme cherche la lumière. Il veut mourir chez lui, dans son élément, et les ténèbres ne sont pas son élément.
Souffrir est un délit.
On passe tant d'heures dans la vie à remettre à plus tard ce qui doit souffrir; on ne perd jamais à surseoir.
Quand un événement devient un cas, il semble avoir cessé de se rapporter à un être humain.
Œuvres de Graham Greene
L'Autre et son Double (1981)La Fin d'une liaison (1951)La Puissance et la Gloire (1940)La Puissance et la Gloire (1940), I, 1La Puissance et la Gloire (1940), I, 3La Puissance et la Gloire (1940), I, 4La Puissance et la Gloire (1940), II, 1La Puissance et la Gloire (1940), II, 2La Puissance et la Gloire (1940), III, 1La Puissance et la Gloire (1940), III, 3Le Fond du problème (1948)Le troisième homme (1950)Les Comédiens (1965)Notre agent à La Havane (1958)Un Américain bien tranquilleUn certain sens du réel (1963)Une sorte de vie (1971)Voyages avec ma tante (1969)