Auteur

Goswin Joseph Augustin, baron de Stassart

Enclume, ou marteau : tel est le sort de la plupart des hommes ! Heureux, mille fois heureux le sage qui possède le secret de n'être ni l'un ni l'autre.
Le passé s'embellit, à nos yeux, des ennuis du présent.
Qui n'aime à s'abandonner aux prestiges de la mémoire et de l'imagination ? Qui n'aime à faire, en quelque sorte, du passé et de l'avenir le présent ?
Les petites considérations sont les entraves habituelles du génie.
Autre temps, autre manière de voir. N'est-ce pas cette maxime, fondée sur l'expérience, qui justifie tant de philosophes accusés de n'être pas toujours d'accord avec eux-mêmes ?
La philosophie n'est que la sagesse humaine, et l'on ne peut raisonnablement exiger d'elle plus de perfection que n'en comporte notre nature.
Qu'un homme tombe par terre, il y aura toujours des gens prêts à le couvrir de boue.
L'écrivain qui n'a d'autre esprit que l'esprit de son siècle parvient rarement à la postérité.
On doit juger la première édition d'un ouvrage sur l'ensemble et non sur les détails. Les détails se perfectionnent, de reste, quand l'ensemble est satisfaisant.
Se plaindre d'une injustice, c'est presque toujours en provoquer une nouvelle.
Les cervelles humaines sont de véritables girouettes que le vent de la fortune dirige à son gré.
La mémoire est un des plus précieux dons de la nature, mais, par la confiance aveugle qu'elle nous inspire, elle favorise trop souvent la paresse.
Pour bien apprécier les usages d'un pays, il faut que l'habitude y ait un peu façonné les verres de notre lorgnette.
Nous aimons à trouver dans nos supérieurs des faiblesses qui soient, en quelque sorte, les garants de leur indulgence pour nos propres fautes.
L'erreur qui, tout en nous trompant, nous console, n'est-elle pas préférable à la vérité qui nous éclaire, mais nous afflige ?
Le Français gagne à être vu dans sa patrie, et l'Allemand chez l'étranger.
L'amour de la gloire est l'unique frein que reconnaisse l'ambitieux.
L'envie réussit trop souvent à flétrir de son souffle impur les lauriers de la gloire.
Trop souvent, pour n'être pas à rien faire, on s'amuse à faire des riens.
Lorsqu'on éprouve du penchant pour la satire, on doit avoir le courage de s'interdire avec soin la plus légère épigramme.
L'oeil de la police est fort utile dans un Etat, mais ses mains y sont de trop.
L'homme perfectionne tout, mais sans pouvoir atteindre à la perfection.
Le flambeau de la philosophie devient une torche incendiaire, quand les passions, quand les partis s'en emparent.
L'orgueil ne pardonne pas plus un bienfait qu'un outrage.
Empressez-vous d'imposer silence à l'amour ! Car lorsqu'il parle bien haut, la sagesse se tait.

Œuvres de Goswin Joseph Augustin, baron de Stassart

L'Aigle et le MilanL'Aigle et le PapillonL'Ane et l'OieL'Escargot et l'AigleLa Brebis, le Cheval et le BoeufLa Cigale et le PapillonLa Corneille et le RossignolLe Boeuf grasLe Fermier et les Chiens de basse-courLe Lion devenu fou et le LapinLe Léopard et l'EléphantLe Torrent et l'AbrisseauLe Trône de neigeLes Etoiles et le SoleilPensées, maximes, réflexions, observations (1855)