Auteur

Gilles Paris

L'imagination c'est restituer à la mémoire des perceptions ou des expériences antérieures.
Les vieux, ça voit beaucoup plus loin qu'on ne croit.
Il vaut mieux ne parler à personne des gens qu'on aime. Les mots pour dire la magie et le mystère de la personne qu'on aime n'existent pas.
Je regarde [ mon papa ]. Sous ses yeux, il a des vilaines poches comme des petits sacs à soucis.
Quand on pleure et que quelqu'un vous touche, on pleure encore plus, comme si le fait d'être aimé n'arrangeait rien.
Il vaut mieux ne parler à personne des gens qu'on aime. Les mots pour dire la magie et le mystère de la personne qu'on aime n'existent pas. En parler retire même un peu de magie et de mystère. Après, c'est quelqu'un comme tout le monde et c'est bien fait pour celle ou celui qui en a trop parlé.
Quand une grande personne décide de ne plus parler d'un souci, elle l'enterre si profond que personne n'ose proposer sa pelle.
Les gens ont tous leurs petites faiblesses, leurs moments de fatigue, de stress, et n'importe qui peut passer par là. Souvent, les gens pensent que celle ou celui qui en vient à se rendre à l'hôpital pour se faire soigner sait au moins qu'il est malade. Contrairement à tous les gens qui s'enferment chez eux en essayant de se convaincre que tout va toujours bien.
C'est bizarre, les mariages. Tout le monde s'habille avec des vêtements tout neufs et les range ensuite dans un placard dans une belle housse noire jusqu'à la prochaine fois.
Papa est toujours sur sa planète. J'essaye de le faire rire en imitant le singe heureux de retrouver la jungle. Il dit "non" avec sa tête. Bon. Sur sa planète, on ne rit pas. Alors je m'approche de lui et je lui prends sa main dans laquelle je dépose un baiser d'amour. Rien à voir avec la langue de Franklin. On fait ça le dimanche quand on regarde des DVD à la télé. Entre deux films, papa et moi on dépose des baisers d'amour au creux des mains. Je me suis assis sur mes talons, la tête sur les jambes, et j'attends qu'il me caresse la tête. Je suis prêt à rester des heures. Je veux juste qu'il abandonne un instant sa planète pour la mienne. Et sa main, un peu hésitante, se pose sur mes cheveux, ses yeux gris laissent sortir la tempête, de grosses gouttes qui me tombent dessus et coulent sur mes joues, comme si on pleurait tous les deux, un goût de mer chaude, sans le sable et les transats bleu et blanc.
Je n'ai jamais parlé des monstres à papa et à maman. Quand on est petit, il y a des choses qu'il vaut mieux garder pour soi. Les grandes personnes ne comprennent pas tout. Ou alors elles font semblant d'écouter tout en pensant à autre chose.
Un anniversaire de dix ans sans champagne, c'est comme un trampoline sans élastiques.

Œuvres de Gilles Paris

Au pays des kangourous (2012)Autobiographie d'une courgette (2002)