Papa est toujours sur sa planète. J'essaye de le faire rire en imitant le singe heureux de retrouver la jungle. Il dit "non" avec sa tête. Bon. Sur sa planète, on ne rit pas. Alors je m'approche de lui et je lui prends sa main dans laquelle je dépose un baiser d'amour. Rien à voir avec la langue de Franklin. On fait ça le dimanche quand on regarde des DVD à la télé. Entre deux films, papa et moi on dépose des baisers d'amour au creux des mains. Je me suis assis sur mes talons, la tête sur les jambes, et j'attends qu'il me caresse la tête. Je suis prêt à rester des heures. Je veux juste qu'il abandonne un instant sa planète pour la mienne. Et sa main, un peu hésitante, se pose sur mes cheveux, ses yeux gris laissent sortir la tempête, de grosses gouttes qui me tombent dessus et coulent sur mes joues, comme si on pleurait tous les deux, un goût de mer chaude, sans le sable et les transats bleu et blanc.

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Le Froid ça conserve l'herbe et les fleurs comme un congélateur.
Je n'ai jamais parlé des monstres à papa et à maman. Quand on est petit, il y a des choses qu'il vaut mieux garder pour soi. Les grandes personnes ne comprennent pas tout. Ou alors elles font semblant d'écouter tout en pensant à autre chose.
J'aime surtout le journal télévisé, on dirait un film avec que des catastrophes et comme ça dure pas longtemps on s'endort pas.
A quoi ça sert d'avoir une famille si elle a pas le temps de s'occuper de vous et de vous aimer ?
Je suis devenu l'enfant sans je t'aime. Un orphelin privé d'amour à cause de parents trop fatigués pour le lui dire.
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Elle répétait à papa : Les plus beaux souvenirs sont ceux que l'on garde en soi. Pas besoin d'image déformante ou d'instants figés.
Je suis devenu l'enfant sans je t'aime. Un orphelin privé d'amour à cause de parents trop fatigués pour le lui dire.
Il vaut mieux ne parler à personne des gens qu'on aime. Les mots pour dire la magie et le mystère de la personne qu'on aime n'existent pas.
Je regarde [ mon papa ]. Sous ses yeux, il a des vilaines poches comme des petits sacs à soucis.
Quand on pleure et que quelqu'un vous touche, on pleure encore plus, comme si le fait d'être aimé n'arrangeait rien.