Auteur

Gilbert Cesbron

La propagande est un tapis roulant qui vous emporte ou vous oblige, pour garder l'équilibre, à courir en sens inverse.
Il n'y a pas de coïncidences : il n'y a que des grâces et des pressentiments.
Regarde-toi dans une glace à l'improviste : tu verras ton démon gardien...
L'Envie est une bête sauvage qu'il ne faut pas chasser à mort mais domestiquer pour en faire de l'Admiration.
Nous sommes d'un siècle où il fait bon mourir tôt. Si Charles Péguy avait vécu, il aurait peut-être été excommunié, ou fusillé, ou les deux.
Le propre des génies est moins de surprendre que de se surprendre : ils expriment plus qu'ils ne le croyaient.
L'Histoire n'est un perpétuel recommencement que pour les myopes et les presbytes : pour ceux qui la regardent de trop haut ou qui n'en voient que des détails.
Pourquoi est-il encourageant de progresser d'une marche, et décourageant de monter quatre marches pour en redescendre trois ?
Il est plus facile à un jongleur de jongler avec des objets lourds qu'avec des objets légers. Au véritable écrivain aussi.
Il y a une générosité facile qui consiste à donner, et une moins facile qui consiste à accepter.
De Marat il reste une baignoire, de Camille Desmoulins une histoire d'amour, de Fabre d'Eglantine une chanson... - C'était bien la peine !
Jeanne d'Arc est un rouage de cristal que Dieu, trichant avec ses propres lois, place dans la machine d'acier de l'histoire.
Les discours des hommes de 1848 commencent, vers les années 1950, à paraître moins naïfs. Rendez-vous dans cent ans !
Pourquoi avoir choisi le laurier comme symbole de la gloire ? - Sans doute parce que le fruit du laurier est un poison.
Les années 50 furent le règne du n'importe quoi signé Picasso. A Saint-Germain-des-Prés on aurait vendu un bon prix ses empreintes digitales.
Le monde des pauvres - comme celui des animaux, comme celui des enfants - est le monde de l'immédiat.
Le verbe souffrir n'a de sens qu'à l'indicatif présent et à la première personne.
L'activisme est aussi dangereux à l'âme que l'indolence. Le vent dessèche autant que le soleil.
Le romancier révèle un monde; le poète en crée un.
Corps et âme, c'est cheval et cavalier - et chacun peut tuer l'autre sous lui.
Le Ciel est le seul endroit où il y ait de la place pour tout le monde.
Dans le milliardaire, l'empereur, le génie, le vieillard, à de certaines heures, il y a quelqu'un qui crie Maman.
De nos jours, pour persécuter les Chrétiens, les lions ne seraient plus assez sûrs.
La plupart des ménages sont composés d'une guêpe et d'une abeille, tantôt elle, tantôt lui.
La différence essentielle entre les grandes personnes et les enfants est que celles-là ne sourient que lorsqu'elles sont heureuses tandis que ceux-ci ne cessent de sourire que lorsqu'ils sont malheureux. Cette différence s'appelle la grâce.

Œuvres de Gilbert Cesbron

Avoir été (1960)C'est Mozart qu'on assassine (1966)Chiens perdus sans collier (1954)Don Juan en automne (1975)Huit paroles pour l'éternité (1978)Il est minuit, docteur Schweitzer (1952)Il est plus tard que tu ne penses (1958)Je suis mal dans ta peau (1969)Journal sans date (1963)Journal sans date (1976)Journal sans date: Bonheur de rien (1979)Les saints vont en enfer (1955)Libérez Barabbas (1957)Mourir étonné (1980)Notre prison est un royaume (1948)Tant qu'il fait jour (1967)Une sentinelle attend l'aurore (1965)