Auteur

Gilbert Cesbron

Vaincre sans péril est peut-être la seule chance de triompher sans péril.
En chacun de nous, c'est Dieu qui pédale et le diable qui fait de la roue libre.
On n'est jamais si bien asservi que par soi-même.
On ne devine que ce qu'on savait à son insu.
Baudelaire: un diamant au doigt d'un cadavre.
De violon, l'homme en vieillissant devient violoncelle, puis contrebasse: un corps épais, une voix grave et pas grand-chose à dire.
Il a tout de même fallu que David ait une pierre.
Le bonheur, c'est quand le temps s'arrête.
On est jeune tant qu'on souhaite que chaque jour diffère de la veille; vieux quand on espère que chaque année ressemblera à la précédente.
Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle s'habitue.
Méfiez-vous des gens qui ne s'ennuient jamais. On s'ennuie toujours avec eux.
Ce que je souhaite de tout mon coeur, c'est de mourir jeune à un âge avancé.
Liberté au-dessus de la porte d'une prison, - Fraternité au fronton d'un palais de justice, - Egalité sur le mur d'une caserne. - Quelle dérision!
Egalité et Liberté communiquent entre elles: c'est un seul et même océan dont les tempêtes se nomment Révolutions.
On s'aperçoit qu'on est devenu un spécialiste quand les choses dont on parle avec plaisir ennuient les autres.
A la mort de son mari, elle cessa enfin de se sentir seule.
Quand un homme se découvre devant moi, j'ai toujours envie de lui dire: « Me prenez-vous pour un corbillard?»
Mourir pour la patrie «est le sort le plus beau, le plus digne de la vie». L'auteur de ces vers illustres est mort dans son lit, entre deux guerres.
Il ne lui restait plus de famille, seulement un caveau.
Les vivants n'ont de cartes de visite qu'imprimées; les morts, seuls, en ont de gravées.
La mort ferme les yeux des morts et ouvre ceux des survivants.
Certains esprits sont des trains qui vont si vite qu'on n'a pas le temps de s'apercevoir qu'ils sont vides.
L'apiculteur de notre village était communiste par amour des abeilles, à force d'admirer leur organisation. On le taquinait à propos de la reine.
Quand on lui pose une question concernant l'un de ses livres, tout écrivain devrait répondre: «Je ne sais pas: je l'ai écrit, je ne l'ai pas lu.»
Il s'était goinfré de caviar, et il lui en restait au moins pour 500 francs dans les dents.

Œuvres de Gilbert Cesbron

Avoir été (1960)C'est Mozart qu'on assassine (1966)Chiens perdus sans collier (1954)Don Juan en automne (1975)Huit paroles pour l'éternité (1978)Il est minuit, docteur Schweitzer (1952)Il est plus tard que tu ne penses (1958)Je suis mal dans ta peau (1969)Journal sans date (1963)Journal sans date (1976)Journal sans date: Bonheur de rien (1979)Les saints vont en enfer (1955)Libérez Barabbas (1957)Mourir étonné (1980)Notre prison est un royaume (1948)Tant qu'il fait jour (1967)Une sentinelle attend l'aurore (1965)