Auteur

Gérard Depardieu

Je suis un Stradivarius dans une carrure de camionneur.
Mon vin, il n'est pas fait pour sentir, il est fait pour boire.
On peut tout dire sur le vin mais, en général, il vaut mieux fermer sa gueule!
Je pète souvent.
Les films m'importent peu. Moi, ce qui m'intéresse, ce sont les hommes. Les rencontres.
Parfois, les acteurs m'emmerdent quand ils cherchent des trucs de jeu qui ne servent à rien. Ils ont peut-être peur. Les grands acteurs sont ceux qui ont vécu.
Je ne connais rien à Internet, que je ne sais même pas utiliser, mais j'ai l'impression qu'il y a là un espace de liberté créatrice intéressant.
Aujourd'hui, le cinéma ressemble à un hôpital psychiatrique. On file des hormones aux acteurs et ils deviennent autre chose que ce qu'ils sont.
Je n'ai jamais fait ce métier par vocation. Ma vocation, c'est aventurier. Explorateur de l'existence. C'est ce qui me rend libre.
Je ne crois en rien. Surtout pas en moi. Parfois, le soir, dans mon lit, je voudrais m'endormir pour l'éternité.
Que ça s'appelle « Nuit debout » ou « Assis sur la cuvette des chiottes » , c'est pareil. T'as des cons qui vont comparer à Mai 68, mais qu'est-ce que ça change ?
Dans les cinquante ans, la France, je la vois comme un grand parc touristique.
Il y a longtemps que la télévision a envahi la Croisette. J'ai connu le Festival de Robert Favre Lebret, celui de Maurice Bessy. Le dernier des Mohicans étant Gilles Jacob. Aujourd'hui, le fric prend toute la place, on est loin du cinéma.
J'ai vécu, moi aussi, dans des cités. Ce que j'y vois aujourd'hui, ce sont des Maghrébins, des Asiatiques ou des Africains qui vivent avec leur culture, sans être gênés les uns par les autres.
Dans la vie, on met rarement des points. Il n'y a que les cons qui en mettent des points. Ceux qui ont des avis définitifs, tranchés. Les mecs qui se sentent investis d'une mission.
Aujourd'hui je ne sais pas qui recevrait Bunuel ou Ferreri, ils ne trouveraient pas grand monde pour les écouter, encore moins pour monter leurs films.
Le jour où je n'aurai plus l'envie de découvrir, je sais que la mort suivra de près. Quand l'ennui t'atteint, il n'y a plus grand chose à faire.

Œuvres de Gérard Depardieu

Dans Vanity Fair n° 24, juin 2015Dans l'hebdomadaire l'Express, n° 3044, 5 novembre 2009.Innocent (2015)Interview à Nice Matin, 16 mai 2016.