L'amour c'est le coeur qui s'émeut en même temps que l'intelligence.
Auteur
Georges Perros
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L'amour, c'est comme si jamais on n'avait respiré.
L'homme naît bon. Ca commence à se dégrader entre six et sept mois.
La vie est une aveugle qui tient l'homme en laisse.
Le dimanche est ennuyeux parce qu'il est dimanche pour tout le monde.
Les hommes ne sont pas faits pour s'aimer - malgré le mot d'ordre bien connu. Alors il faut qu'ils s'aident à survivre sans l'amour.
Ma seule et folle misogynie: je ne pardonne pas aux femmes d'aimer les hommes.
On se lasse de tout, de tous, même de soi-même. Non sans toutefois se plaindre de la brièveté de la vie.
Qui écrit pour se sauver est foutu d'avance.
Ce qui m'intéresse, c'est ce qui m'échappe. Et ce qui m'échappe me donne la mesure de ce que je suis.
Dire je est incomparablement plus modeste que dire nous. Cela devrait aller de soi. Mais non, disent-ils.
Il n'y a pas d'endroit agréable, puisque notre corps nous empêche de sortir.
Je n'ai jamais rien fait que par plaisir. C'est assez dire que je n'ai pas fait grand-chose.
A m'écouter vivre, il me semble que (l'amour) est mon seul sujet, mon seul embarras, ma seule terreur. Et peut-être mon seul dépit.
Il est facile de se critiquer. Dérisoirement. C'est pourquoi il vaut mieux laisser ce plaisir aux autres.
L'aphorisme est positivement fou comme peut être folle, quant à la mer qui n'y comprend rien, la baleine.
Le rêve est l'aphorisme du sommeil.
L'amour c'est le corps qui s'émeut en même temps que l'intelligence, que la connaissance, et la bat de vitesse, quoique enrichi par elle, si bien qu'elle ignore si elle est vaincue ou séduite.
L'art de la photographie offre un beau symbole. On «prend» le paysage, ou le phénomène, ou le visage. Et l'on développe. Mais ce qui a eu besoin de lumière, d'exposition, ne pourra se «rendre» que dans l'obscurité.
Vivre, c'est enregistrer. Ce qu'on appelle l'inspiration, ce ne sont que les moments privilégiés où la cire humaine trouve aiguille adéquate.
Le malade est au médecin ce qu'est l'homme au romancier: un cas. Plus l'homme est touché, plus le romancier s'intéresse. On dira que c'est humain. Alors que l'humanité décroît en fonction de l'intérêt qui pousse.
La paresse est sans doute la plus difficile, la plus fatigante façon d'être qui soit.
L'obsession de la mort, du temps, est un poison, dirai-je mortel, qui minerait toute possibilité de bonheur, si le bonheur était en ce monde autre chose qu'un voeu.
Rien de plus naturel que de vouloir être aimé pour soi-même. Et rien de plus sot, car soi-même n'existe pas. L'amour est toujours approximatif.
La meilleure définition de l'homme, je la trouve chez La Fontaine, qui n'y prétendait sans doute pas. «Si un luth jouait tout seul, il me ferait fuir, moi qui aime extrêmement la musique.»
Œuvres de Georges Perros
CorrespondanceEchancrures (1977)En vue d'un éloge de la paresse - Lettre préfaceLe Nouveau Commerce, 39-40, Notes inédites, printemps 1978.Lectures (1981)Lexique (1981)Notes d'enfance (1979)Papiers collés (1960)Papiers collés 1 (1973)Papiers collés 3 (1978)Papiers collés II (1973)Papiers collés IIIPapiers collés III (1978)Pour ainsi dire (2004)Une vie ordinaire (1967)