Auteur

Georges Brassens

Rien n'est jamais acquis à l'homme. Ni sa force - Ni sa faiblesse ni son coeur. Et quand il croit - Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix - Et quand il croit serrer son bonheur il le broie - Sa vie est un étrange et douloureux divorce.
Mon bel amour mon cher amour ma déchirure - \r\nJe te porte dans moi comme un oiseau blessé - \r\nEt ceux-là sans savoir nous regardent passer - \r\nRépétant après moi les mots que j’ai tressés - \r\nEt qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent - \r\nIl n’y a pas d’amour heureux.\r\n
Il n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur - Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri - Il n'y a pas d'amour dont on ne soit flétri - Et pas plus que de toi l'amour de la patrie - Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs.
Le premier Mai c'est pas gai, - Je trime a dit le muguet, - Dix fois plus que d'habitude, - Regrettable servitude. - Muguet, sois pas chicaneur, - Car tu donnes du bonheur, - Pas cher à tout un chacun. - Brin de muguet, tu es quelqu'un.
Des bateaux j'en ai pris beaucoup, - Mais le seul qui'ait tenu le coup, - Qui n'ai jamais viré de bord, - Mais viré de bord, - Naviguait en père peinard - Sur la grand-mare des canards, - Et s'app'lait les Copains d'abord - Les Copains d'abord.
Non, ce n'était pas le radeau - De la Méduse, ce bateau, - Qu'on se le dis' au fond des ports, - Dis' au fond des ports, - Il naviguait en pèr' peinard - Sur la grand-mare des canards, - Et s'app'lait les Copains d'abord - Les Copains d'abord.
Au moindre coup de Trafalgar, - C'est l'amitié qui prenait l'quart, - C'est elle qui leur montrait le nord, - Leur montrait le nord. - Et quand ils étaient en détresse, - Qu'leur bras lancaient des S. O. S. , - On aurait dit les sémaphores, - Les copains d'abord.
N'étant pas trop connard de nature, j'arrivais jeune à distinguer un bon texte.
Il faut que mes chansons aient l'air d'être parlées, il faut que ceux qui m'entendent croient que je parle, croient que je ne sais pas chanter, que je fais des petites musiquettes comme ça...
Ma musique doit être in-entendue, comme la musique d'un film.
Pour pénétrer dans mes chansons, il faut-être un peu mon complice.
Profitant de ce que ces deux imbéciles - Se passaient rhubarbe et séné, - On s'partageait leur dulcinée - Qui se laissait faire docile.
Ne jetez pas la pierre à la femme adultère - Je suis derrière...
Quant à vous, messeigneurs, aimez à votre guise - En ce qui me concerne, ayant un jour compris - Qu'une femme adultère est plus qu'une autre exquise - Je cherche mon bonheur à l'ombre des maris.
Car, pour combler les voeux, calmer la fièvre ardente - Du pauvre solitaire et qui n'est pas de bois - Nulle n'est comparable à l'épouse inconstante. - Femmes de chefs de gare, c'est vous la fleur des bois.
Si le public en veut, je les sors dare-dare - S'il n'en veut pas, je les remets dans ma guitare.

Œuvres de Georges Brassens

A propos d'Armand Robin.Chanson pour l'Auvergnat (1954)Cupidon s'en fout (1976)Dans l'eau de la claire fontaineDernières chansons (1982), L'andropauseDiscours des fleursEmbrasse-les tous (1960)Fernande (1972), A l'ombre des marisIl suffit de passer le pont (1953)Je suis un voyou (1954)L'ancêtre (1969)L'andropauseLa Marche nuptialeLa Mauvaise Réputation (1953)Le Gorille (1952)Le Pluriel.Le Vent (1953), Il n'y a pas d'amour heureuxLe Vent (1953), J'ai rendez-vous avec vousLe parapluie (1952)Le temps ne fait rien à l'affaire (1961)