Auteur

George Steiner

Pour les juifs, le Mot est la seule patrie.
Un bon professeur est toujours malade d'espoir. Un bon lecteur aussi.
Les guerres, dans l'Ancien Testament, sont sanglantes et cruelles, mais non pas tragiques: elles sont justes ou injustes.
Nous sommes ceux qui viennent après. Nous savons désormais qu'un homme peut lire Goethe ou Rilke, jouer des passages de Bach ou de Schubert, et le lendemain matin vaquer à son travail quotidien, à Auschwitz.
La mort d'une langue, fut elle chuchotée par une infime poignée sur quelque parcelle de territoire condamné, est la mort d'un monde. Chaque jour qui passe s'amenuise le nombre de manières de dire espoir.
Il est reconnu qu'il y a une poésie de la jeunesse et une prose de la maturité.
L'inventaire de l'inhumain est sans fin.
Aucune période ne peut se targuer d'avoir innové ou dépassé les autres en matière d'inhumanité.
Aucun homme, aucune femme ne doit justifier son anthologie personnelle, ses choix canoniques. L'amour ne se justifie pas par l'argumentation.
Le langage essentiel du poème, du morceau de musique, du tableau et de la sculpture est le langage de la survie.
L'art est la meilleure lecture de l'art.
Si l'on n'est pas saisi dans sa jeunesse par un espoir, fût-il illusoire, que reste-t-il ? Rien.
Apprendre par coeur, c'est entrer dans l'oeuvre même : Tu vas vivre en moi et je vais vivre avec toi. Les textes marchent à côté de nous ; se promener avec un poème de Baudelaire, c'est être en très bonne compagnie.

Œuvres de George Steiner

Dans Télérama n°3230, décembre 2011.Errata. Récit d'une pensée (1998)Interviewé par Hubert Juin, Le Monde, 18 septembre 1981.La Mort de la Tragédie (1965)Langage et silence (1969)Passions impunies (1995)Réelles présences. Les arts du sens (1991)