L'amour est une fleur trop délicate pour se relever quand on l'a foulée aux pieds.
Laisse-moi adorer cette pitié sainte qui a survécu en toi à l'amour brisé. Elle ne m'humilie pas comme tu crois.
Dans le monde, un homme capable de folie en amour est un prodige assez rare, et que les femmes ne dédaignent pas.
Nous pouvons regarder cette terre comme un lieu de passage et compter sur un réveil plus doux dans le berceau qui nous attend ailleurs.
Il y a pourtant une voix qui crie dans le désert: Amour, amitié, ô hyménee! Oui, voilà les trois notes que j'entends dans le vent du soir et dans la plainte du torrent. Voix mystérieuse d'une ineffable poésie.
Tu fais donc toujours des patiences? Te ressouviens-tu combien tes patiences m'impatientaient? Elles n'ont pas le sens commun, puisqu'elles ne t'ont pas dit que j'étais toujours à Cologne.
Plaire est un mot vague. Il est beau de vouloir plaire à ce qu'on aime. C'est une jouissance du coeur; mais vouloir l'étonner, l'étourdir, le dominer, c'est préméditer sa servitude.
Pardonnez-nous tout à la fois, voyons! permettez-nous l'amour et le besoin de manger; ça nous humilie, tant pis! Nous savons que vous êtes un homme grand et magnifique, vous aurez pitié de nous et vous accorderez tout.
Le bonheur d'autrui est un spectacle qui dessèche et dévore le provincial; la seule chose qui lui fait supporter sa vie étroite et misérable, c'est le plaisir d'arracher tout amour et toute poésie de la vie de son voisin.
Je souffre, je l'avoue; il n'est qu'un bonheur au monde, c'est l'amour; tout le reste n'est rien, et il faut l'accepter par vertu. J'accepterai tout, je me contenterai de l'amitié, je ne me plaindrai de rien; mais laisse-moi.
Va, espère, et que ta vie soit un poème aussi beau que ceux qu'a rêvés ton intelligence. Un jour tu le reliras avec les saintes joies de l'orgueil.
Quelle fatalité a changé en poison les remèdes que je t'offrais? Pourquoi, moi qui aurais donné tout mon sang pour te donner une nuit de repos et de calme, suis-je devenue pour toi un tourment, un fléau, un spectre?
La raison ne pleure jamais, ce n'est pas son affaire, et les entrailles ne raisonnent pas, elles ne nous ont pas été données pour cela.
Tout mon siècle a cherché et cherche encore. Je n'en sais pas plus long que mon siècle.
Les uns ont de la chance, les autres n'en ont pas; ça dépend du numéro qu'on tire en venant au monde.
Ton âme est faite pour aimer ardemment, ou pour se dessécher tout à fait.
Peut-être m'as-tu aimée avec peine, pour aimer une autre avec abandon. Peut-être celle qui viendra t'aimera-t-elle moins que moi, et peut-être sera-t-elle plus heureuse et plus aimée.
Qu'allons-nous devenir? Il faudrait que l'un de nous eût de la force, soit pour aimer, soit pour guérir, et ne t'abuse, nous n'avons ni l'une ni l'autre, et pas plus l'un que l'autre.
Non, cette lyre est muette, et plusieurs générations ont passé sans réveiller le souffle éteint dans ses entrailles. Tel un coeur généreux s'engourdit et se dessèche au milieu des indifférents qui l'oublient ou le méconnaissent.
Oui, croyez-moi, le coeur est assez large pour loger beaucoup d'affections, et plus vous en donnerez de sincères et de dévouées, plus vous le sentirez grandir en force et en chaleur.
Se laisser souffrir, puisque la souffrance est inévitable, et ne pas la maudire quand elle s'apaise, puisqu'elle ne nous a pas rendus pires: toute âme honnête peut pratiquer cette humble sagesse pour son compte.
J'espère que tu verras dans ma persévérance à t'écrire une amitié à l'épreuve des mortifications de l'amour-propre: il en doit être ainsi. Oublie donc toute rancune, et reviens à moi comme je reviens à toi, sincèrement et avec joie.
Dans la politique, toute poésie est un mensonge auquel la conscience se refuse.
Une femme courageuse et honnête ne vous suffit plus, si elle ne vous fait des avances et des coquetteries.
Qu'eussent-ils fait de leur grâce sans leurs valets pour leur tenir lieu de bras, de mains et de jambes?
Œuvres de George Sand
A Alfred de Musset, 1 mai 1834A Madame Dupin, sa mère, 31 mai 1831.Aldo le rimeurAntonia (1863)ApocrypheCes Beaux Messieurs de Bois-Doré (1858)Constance Verrier (1860)Consuelo (1843)Contes d'une Grand-MèreContes d'une Grand-Mère (1873)CorrespondanceCorrespondance, 15 avril 1834Correspondance, 1833Correspondance, 1875Correspondance, à Alexandre Saint-Jean, 19 Avril 1872Correspondance, à Alfred de Musset, 29 avril 1834Correspondance, à Armand Barbès, mai 1867Correspondance, à Bocage, 23 février 1845Correspondance, à Charles Poney, 16 novembre 1866Correspondance, à Joseph Mazzini, septembre 1850.