Mais je ne veux pas vous cacher que cela me fera beaucoup de peine et que je n'en ai guère plus d'envie que de me noyer.
Dans mes jours d'angoisse et d'injustice, j'étais jalouse de tous les biens que tu pouvais et que tu devais me préférer.
Tous les sots ont l'orgueil de dire: Je ne me risque pas, moi! Ils tiennent à leur repos comme les inutiles à la vie.
Cinquante ans passent comme un jour dans le sommeil de l'âme; mais la vie d'émotions et d'événements résume en un jour des siècles de malaise et de fatigue.
N'avez-vous jamais pleuré d'amour, pour ces blanches étoiles qui sèment les voiles bleus de la nuit?
Hélas! Mon Dieu, que je suis donc à plaindre d'être si maladroit et de dire si mal ce que je pense!
Je voudrais être sûr que tu ne me crains plus, que tu m'estimes autant que je te vénère; appuyé sur ton coeur, je voudrais vivre une heure de la vie des anges.
La vie est une longue blessure qui s'endort rarement et ne se guérit jamais.
Je ne pouvais accepter l'idée d'être demandée en mariage par des gens qui ne me connaissaient pas, qui ne m'avaient jamais vue, et qui par conséquent ne songeaient qu'à faire une affaire.
A présent que le bon Dieu me juge; moi, je pardonne à ceux qui me méconnaissent.
Voilà ce que c'est que la misère. On a beau s'en moquer, avoir un corps de cheval pour la supporter, un courage d'esclave pour le travail, elle vous avilit, elle donne le droit aux butors qui ont de l'argent de vous insulter et de vous plaindre.
La négligence du corps doit avoir dans celle de l'esprit quelque point de correspondance dont les observateurs devraient toujours se méfier.
Une femme sera toujours plus artiste, plus poète dans sa vie.
J'ai un but, une tâche, disons le mot, une passion. Le métier d'écrire en est une violente et presque indestructible.
C'est la partie la plus délicate, la plus suave du coeur, qui se détache. ... L'affection d'un absent n'est plus qu'un parfum, mais qu'il est doux et suave.
Il vaut mieux de petites affaires sans soucis que de grandes avec des craintes. Tenez-vous tranquille.
D'ailleurs, les années ne font pas toujours l'âge. Cela dépend de la force et de la santé qu'on a.
Il me marqua son attention en me posant quelques questions empreintes d'une réelle sollicitude, puis il résuma ainsi son jugement: Une femme de trente ans qui est une jeune fille, cela doit être la perfection pour le mariage.
Changer d'amant n'est pas changer d'amour.
L'être qui aspire à des joies toujours nobles, à des plaisirs toujours vivement et saintement sentis, à une continuelle association de l'amour moral à l'amour physique, est un ambitieux destiné à un bonheur immense ou à une éternelle douleur.
Oui, c'est être heureux que de vivre dans deux âmes à la fois; autant dire avoir deux âmes; c'est la vraie définition de l'amour, n'est-ce pas? c'est le complément de la vie, c'est son apogée; c'est végéter que d'être seul.
L'âme est une lyre dont il faut faire vibrer toutes les cordes, tantôt ensemble, tantôt une à une, suivant les règles de l'harmonie et de la mélodie.
C'était là le point délicat à trancher; et l'amour, qui est la suprême sagesse et la suprême grandeur d'âme quand il est sincère et profond, le trancha résolument dans l'âme de mon père.
Le parfum de l'âme, c'est le souvenir. C'est la partie la plus délicate, la plus suave du coeur, qui se détache pour embrasser un autre coeur et le suivre partout. L'affection d'un absent n'est plus qu'un parfum, mais qu'il est doux.
La mort de l'âme, c'est ce que les hommes du siècle appellent le progrès. Ce progrès destructeur est entré partout. Les églises des pays froids ont adopté les poêles, les tapis, les fauteuils. On se met à l'aise pour prier Dieu.
Œuvres de George Sand
A Alfred de Musset, 1 mai 1834A Madame Dupin, sa mère, 31 mai 1831.Aldo le rimeurAntonia (1863)ApocrypheCes Beaux Messieurs de Bois-Doré (1858)Constance Verrier (1860)Consuelo (1843)Contes d'une Grand-MèreContes d'une Grand-Mère (1873)CorrespondanceCorrespondance, 15 avril 1834Correspondance, 1833Correspondance, 1875Correspondance, à Alexandre Saint-Jean, 19 Avril 1872Correspondance, à Alfred de Musset, 29 avril 1834Correspondance, à Armand Barbès, mai 1867Correspondance, à Bocage, 23 février 1845Correspondance, à Charles Poney, 16 novembre 1866Correspondance, à Joseph Mazzini, septembre 1850.