Œuvre
Lettre à Alfred de Musset
Adieu, reste, pars, seulement ne me dis pas que je ne souffre pas. Il n'y a que cela qui puisse me faire souffrir d'avantage, mon amour, ma vie, mes entrailles, mon frère, mon sang, allez-vous-en, mais tuez-moi en partant.
Ton âme est faite pour aimer ardemment, ou pour se dessécher tout à fait.
Peut-être m'as-tu aimée avec peine, pour aimer une autre avec abandon. Peut-être celle qui viendra t'aimera-t-elle moins que moi, et peut-être sera-t-elle plus heureuse et plus aimée.
Qu'allons-nous devenir? Il faudrait que l'un de nous eût de la force, soit pour aimer, soit pour guérir, et ne t'abuse, nous n'avons ni l'une ni l'autre, et pas plus l'un que l'autre.