Auteur

George Gordon, lord Byron

Quand vient l'heure de l'adversité, tous deviennent courageux contre celui qui tombe.
Quand nous enlevons la vie aux hommes, nous ne savons ni ce que nous leur enlevons, ni ce que nous leur donnons.
Et après tout, qu'est-ce qu'un mensonge? La vérité sous le masque.
Douce est la vengeance - surtout pour les femmes.
Le cyprès! c'est un arbre sombre qui semble porter le deuil de ce qu'il ombrage.
La haine est de beaucoup le plus durable des plaisirs: on se presse d'aimer, on se déteste à loisir.
La moindre expiation que je te doive est de renoncer à ma liberté; désormais je ne respire que pour toi, tu seras tout dans tout pour moi.
La jeunesse fuit, la vie tombe en ruine: l'espérance même nous abandonne; nous n'avons plus le môme culte pour l'amour; il étend ses jeunes ailes et s'envole avec la brise, et le linceul de la tendresse est le dernier adieu de l'amour.
L'argent comptant est la lampe d'Aladin.
L'amour commande aux camps, au bocage, à la cour; - Car l'amour est le ciel, et le ciel est l'amour.
Oiseaux encore libres, évitez les lacs que l'amour a placés autour de vos asiles, ou, entourés par ses flammes fatales, vos coeurs brûleront, et vous perdrez toute espérance.
Ceux qui n'ont jamais aimé, ou jamais aimé en vain, ne sauraient deviner ni plaindre la peine que causent les froids refus, les regards dédaigneux, ou l'oeil irrité de l'amour.
On dit que «la vertu est à elle-même sa propre récompense», elle mérite sûrement d'être bien rétribuée pour les ennuis qu'elle procure.
Pourquoi donc soupirer et gémir? pourquoi nous tourmenter par une jalousie sans motif, par de ridicules caprices et de folles lubies, dans le seul but de rendre notre amour romantique?
L'amour est une divinité capricieuse: je l'ai vu résister à une fièvre déterminée par sa propre ardeur, mais fort embarrassé d'une toux et d'un rhume.
Je m'envole, comme un oiseau des airs, à la recherche d'une demeure et d'un lien de repos, d'un baume contre les souffrances de l'inquiétude, d'une consolation pour un coeur désolé.
Cède doucement, quand la pression est trop forte; pour ce qui est de ta conscience, apprends seulement à l'aguerrir; car, comme un cheval de course, ou un boxeur.
Elle marche dans sa beauté, pareille à la nuit des climats sans nuages et des cieux étoilés!
Mais, comme dit le proverbe, qui trop se hâte n'arrive pas toujours. Et qui reste immobile jamais.
Ce coeur devrait cesser d'aimer lui-même - Voyant pour lui les autres se fermer, - Mais s'il n'est plus possible que l'on m'aime, - Ah! qu'on me laisse aimer!
Si je suis un imbécile, du moins suis-je un imbécile qui doute; et je n'envie à personne la certitude d'une sagesse pleine de suffisance.
Hélas! un coeur saignant d'une blessure intérieure n'a plus rien à redouter des atteintes du dehors: déchu de tout ce qu'il connaît de bonheur, qu'importe dans quel abîme il tombe.
Le souvenir du bonheur n'est plus du bonheur; le souvenir de la douleur est de la douleur encore.
Quoique le sort ait condamné mon avenir, mon âme, ravie du passé, s'attache avec amour à une seule pensée : Amitié ; cette pensée est toute à toi : elle vaut des mondes de bonheur, cette seule pensée : l'amitié c'est l'amour sans ailes.
La haine est certainement le plus durable des plaisirs : on se presse d'aimer, on déteste à loisir.

Œuvres de George Gordon, lord Byron

Après la publication de Childe Harold, 1812.Caïn (1821)Cité dans Eloge des femmes mûres (2006) de Stephen Vizinczey.Don Juan (1819)Don Juan (1819), Chant IDon Juan (1819), Chant IIIDon Juan (1819), Chant XIIDon Juan (1819), Chant XIVDon Juan (1819), III, 3Don Juan (1819), IV, 4Don Juan (1819), XII, 12Don Juan (1819), XIII, 6Don Juan (1819), XVHeures de loisirs, poésies originales et traduites (1807)Heures de loisirs, poésies originales et traduites (1807), L'amitié est l'amour sans ailesHeures de loisirs, poésies originales et traduites (1807), L'amitié est l'amour sans ailes !Heures de loisirs, poésies originales et traduites (1807), Le dernier adieu de l'amourHeures de loisirs, poésies originales et traduites (1807), Vers adressés à une jeune dameJournal, 14 novembre 1813La Fiancée d'Abydos (1813)