Auteur

Friedrich Wilhelm Nietzsche

Les races laborieuses ont grand-peine à supporter l'oisiveté : ce fut un coup de maître de l'instinct anglais de sanctifier le dimanche dans les masses et de le leur rendre si ennuyeux que l'Anglais aspire inconsciemment à son travail de la semaine.
Ce que la femme entend par amour, est assez clair : parfait don (non pas seulement abandon) du corps et de l'âme sans restriction et sans réserve, accompagné plutôt de honte et de terreur à l'idée d'un don conditionnel et casuel.
Un homme qui aime telle une femme devient ainsi esclave ; mais une femme qui aime en tant que femme, devient ainsi une femme plus accomplie...
Apprendre à détourner les yeux de soi-même pour voir beaucoup de choses - cette dureté est nécessaire à tous ceux qui gravissent des montagnes.
On ne peut penser et écrire qu'assis (Gustave Flaubert). Je te tiens, nihiliste ! Etre cul-de-plomb, voilà, par excellence, le péché contre l'esprit ! Seules les pensées que l'on a en marchant valent quelque chose.
Enfin, je pose la question : une femme a-t-elle jamais accordé la profondeur à un cerveau de femme, à un coeur de femme la justice ? Et n'est-il pas vrai que, tout compte fait, la femme a surtout été mésestimée par les femmes et non par nous ?
Il faut que tu veuilles brûler dans ta propre flamme : comment voudrais-tu redevenir neuf si tu n'es pas d'abord devenu cendre !
Partout où la morale des esclaves arrive à dominer, le langage montre une tendance à rapprocher les mots bon et bête.
L'injustice n'est jamais dans l'inégalité des droits, elle est dans la prétention à des droits égaux.
Ce ne sont plus des amis, ce sont-que dis-je ? Des fantômes d'amis ! Quelquefois dans la nuit ils heurtent à mon coeur. Ils me regardent et me disent : C'était pourtant nous ? - O paroles fanées, vous aviez des odeurs de roses.
«Donner du style» à son caractère - voilà un art grand et rare !
Il est aujourd'hui impossible de dire avec certitude pourquoi on punit : tous les concepts où se résume significativement un long processus échappent à la définition ; on ne peut définir que ce qui n'a pas d'histoire.
Comment quelqu'un peut-il devenir un penseur s'il ne passe au moins le tiers de sa journée sans passions, sans hommes et sans livres ?
Il n'y a pas assez d'amour et de bonté dans le monde pour avoir le droit d'en prodiguer à des êtres imaginaires.
Dans la solitude, le solitaire se ronge le coeur ; dans la multitude, c'est la foule qui le lui ronge. Choisis donc !
Un véritable renard n'appelle pas seulement trop verts les raisins qu'il ne peut pas atteindre, mais encore ceux qu'il atteint et dont il prive les autres.
Il faut porter encore en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante.
Tous les hommes se divisent, et en tous temps et de nos jours, en esclaves et libres ; car celui qui n'a pas les deux tiers de sa journée pour lui-même est esclave, qu'il soit d'ailleurs ce qu'il veut : homme d'Etat, marchand, fonctionnaire, savant.
Si l'on n'a pas un bon père, on doit s'en donner un.
Si les époux ne vivaient pas ensemble, les bons mariages seraient plus fréquents.
L'augmentation de la sagesse se laisse mesurer exactement d'après la diminution du fiel.
Qui se sait profond, s'efforce à la clarté : qui veut paraître profond aux yeux de la foule, s'efforce à l'obscurité. Car la foule tient pour profond tout ce dont elle ne peut voir le fond : elle a si peur de se noyer !
Vers là-bas, je le veux, sans crainte, d'une main sûre - qui empoigne la rame et attaque la lame ! - Routes ouvertes de la mer ! Mon canot génois, - comme il fonce dans le bleu !
O l'éclat neuf du monde ! De merveille en merveille. - Midi s'est endormi sur l'espace et le temps. - Plus rien que ton regard, prodigieusement - qui me contemple, Infinité !
Et je sais encore ceci : je suis maintenant devant ma dernière cime, devant ce qui me fut réservé si longtemps. Hélas ! il me faut aborder mon chemin le plus dur ; hélas ! me voici lancé dans mon voyage le plus solitaire !

Œuvres de Friedrich Wilhelm Nietzsche

Ainsi parlait Zarathoustra (1883-1885)Ainsi parlait Zarathoustra (1883-1885), De la Victoire sur soi-mêmeAinsi parlait Zarathoustra (1883-1885), De la domination de soiAinsi parlait Zarathoustra (1883-1885), Des miséricordieuxAinsi parlait Zarathoustra (1883-1885), La chanson ivreAinsi parlait Zarathoustra (1883-1885), La vieille et la jeune femmeApocrypheAu delà du Bien et du MalAu-delà du Bien et du MalAurore (1881)Aurore (1881), 112Aurore (1881), 252Aurore (1881), 443Aurore (1881), 447Cité par Jean Granier dans Nietzsche (1977).Cité par Louis Corman dans Nietzsche, psychologie des profondeurs.Considérations inactuelles (1874)Considérations inactuelles (1874), IIDans La Folie et la Chose littéraire de Shoshana Felman.Dans Nietzsche et la Commune (1981) de Marc Sautet.