Que sont donc les événements de notre vie ? Bien plus ce que nous y mettons que ce qui s'y trouve ! Ou bien faudrait-il même dire : ils sont vides par eux-mêmes ? Vivre, c'est imaginer ?
Auteur
Friedrich Wilhelm Nietzsche
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Tu dois devenir l'homme que tu es. Fais ce que toi seul peux faire. Deviens sans cesse celui que tu es, sois le maître et le sculpteur de toi-même.
L'homme est une corde tendue entre la bête et le Surhomme, une corde au-dessus d'un abîme. Danger de franchir cet abîme, danger de se mettre en route, danger de regarder en arrière, danger d'être saisi d'effroi, danger de s'arrêter soudain.
Il n'y a pas de phénomène moraux du tout, mais seulement une interprétation morale des phénomènes.
L'homme est l'animal qui n'est pas encore fixé de manière stable.
Ne reste pas sur terrain plat ! - Ne monte pas trop haut ! - Le monde est le plus beau, - Vu à mi-hauteur.
Celui qui un jour veut apprendre à voler, celui-là doit d'abord apprendre à se tenir debout et à marcher et à courir, à grimper et à danser - ce n'est pas du premier coup d'aile que l'on conquiert l'envol !
Un peu de santé par-ci, par-là, c'est pour le malade le meilleur remède.
Celui qui a plongé son regard au fond de l'univers devine très bien quelle profonde sagesse il y a dans le fait que les hommes sont superficiels.
Qui vit de combattre un ennemi a intérêt de le laisser en vie.
Quand on a la foi, on peut se passer de la vérité.
Prêcher la chasteté est une incitation publique à la contre-nature. Mépriser la vie sexuelle, la souiller par la notion d'impureté, tel est le vrai péché contre l'esprit sain de la vie.
Le degré et la nature de la sexualité d'un être humain s'étendent jusqu'au sommet de son esprit.
Beaucoup de brèves folies, - c'est là ce que vous appelez l'amour. Et votre mariage met fin à beaucoup de brèves folies, par une longue sottise !
Le mariage est la forme la plus menteuse des relations sexuelles ; c'est pourquoi il jouit de l'approbation des consciences pures.
Tout artiste sait combien les rapports sexuels sont nuisibles dans la grande tension et la grande préparation intellectuelle.
Jadis le moi se cachait dans le troupeau ; à présent, le troupeau se cache encore au fond du moi.
Vous dites que vous croyez à la nécessité de la religion ? Soyez sincère ! Vous croyez à la nécessité de la police.
Je vous le dis : il faut porter encore en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante.
Ce qu'il y a d'essentiel et d'inappréciable dans toute morale, c'est qu'elle est une contrainte prolongée.
Ce que nous faisons dans notre intérêt ne doit nous rapporter aucun compliment d'ordre moral, ni de la part des autres, ni de la nôtre ; tout comme ce que nous faisons pour nous réjouir de nous-mêmes.
Nous sommes semblables à des vitrines où nous nous arrangeons constamment nous-mêmes les prétendues qualités que les autres nous prêtent, en les dissimulant ou en les mettant en évidence, - pour nous tromper.
Ne jamais réprimer ni te taire à toi-même une objection que l'on peut faire à ta pensée ! Fais-en le voeu ! Cela fait partie de la loyauté première de la pensée. Tu dois chaque jour mener aussi campagne contre toi-même.
La plupart des gens, quoi qu'ils puissent penser et dire de leur égoïsme, ne font malgré tout, la vie durant, rien pour leur ego et tout pour le fantôme d'ego qui s'est formé dans leur entourage qui le leur a ensuite communiqué.
La soumission à la morale peut être servile, ou vaniteuse, ou égoïste, ou résignée, ou confuse et exaltée, ou irréfléchie, ou encore être un acte de désespoir, comme la soumission à un prince : en soi, elle n'a rien de moral.
Œuvres de Friedrich Wilhelm Nietzsche
Ainsi parlait Zarathoustra (1883-1885)Ainsi parlait Zarathoustra (1883-1885), De la Victoire sur soi-mêmeAinsi parlait Zarathoustra (1883-1885), De la domination de soiAinsi parlait Zarathoustra (1883-1885), Des miséricordieuxAinsi parlait Zarathoustra (1883-1885), La chanson ivreAinsi parlait Zarathoustra (1883-1885), La vieille et la jeune femmeApocrypheAu delà du Bien et du MalAu-delà du Bien et du MalAurore (1881)Aurore (1881), 112Aurore (1881), 252Aurore (1881), 443Aurore (1881), 447Cité par Jean Granier dans Nietzsche (1977).Cité par Louis Corman dans Nietzsche, psychologie des profondeurs.Considérations inactuelles (1874)Considérations inactuelles (1874), IIDans La Folie et la Chose littéraire de Shoshana Felman.Dans Nietzsche et la Commune (1981) de Marc Sautet.