Auteur

Friedrich Wilhelm Nietzsche

Il te faut trouver dix vérités durant le jour; autrement tu chercheras des vérités durant la nuit et ton âme restera affamée.
Dix fois dans la journée il te faut rire et être joyeux: autrement tu seras dérangé la nuit par ton estomac, ce père de l'affliction.
Peu de gens savent cela, mais il faut avoir toutes les vertus pour bien dormir. Porterai-je un faux témoignage ? Commettrai-je un adultère ?
Convoiterai-je la servante de mon prochain ? Tout cela s'accorderait mal avec un bon sommeil.
Et si l'on possède même toutes les vertus, il faut s'entendre à une chose: envoyer dormir à temps les vertus elles-mêmes.
Il ne faut pas qu'elles se disputent entre elles, les gentilles petites femmes ! et encore à cause de toi, malheureux !
Honneur et obéissance à l'autorité, et même à l'autorité boiteuse ! Ainsi le veut le bon sommeil. Est-ce ma faute, si le pouvoir aime à marcher sur des jambes boiteuses ?
Je ne veux ni beaucoup d'honneurs, ni de grands trésors: cela fait trop de bile. Mais on dort mal sans un bon renom et un petit trésor.
J'aime mieux recevoir une petite société qu'une société méchante: pourtant il faut qu'elle arrive et qu'elle parte au bon moment: ainsi le veut le bon sommeil.
Je prends grand plaisir aussi aux pauvres d'esprit: ils accélèrent le sommeil. Ils sont bienheureux, surtout quand on leur donne toujours raison.
Ainsi s'écoule le jour pour les vertueux. Quand vient la nuit je me garde bien d'appeler le sommeil ! Il ne veut pas être appelé, lui qui est le maître des vertus !
Le corps sain parle avec plus de loyauté et plus de pureté, le corps complet, carré de la tête à la base: il parle du sens de la terre.
Je suis corps et âme - ainsi parle l'enfant. Et pourquoi ne parlerait-on pas comme les enfants ?
C'est une distinction que d'avoir beaucoup de vertus, mais c'est un sort bien dur; et il y en a qui sont allés se tuer dans le désert parce qu'ils étaient fatigués de servir de champs de bataille aux vertus.
Il y a toujours un peu de folie dans l'amour. Mais il y a toujours un peu de raison dans la folie.
Il convient de quitter la vie comme Ulysse quitta Nausicaa, en la bénissant, plutôt qu'amoureux d'elle.
L'amour d'un seul est une barbarie, car il s'exerce aux dépens de tous les autres.
Les hommes lourds et mélancoliques deviennent plus légers par ce qui rend les autres lourds, par la haine et par l'amour. Et de cette manière ils viennent parfois à leur niveau.
Ce n'est pas leur amour de l'humanité, c'est l'impuissance de leur amour qui empêche les chrétiens d'aujourd'hui de nous faire monter sur le bûcher.
Quand l'amour et la haine ne sont pas de la partie, la femme joue médiocrement.
La sensualité dépasse souvent la croissance de l'amour, de sorte que la racine reste faible et facile à arracher.
Ce qui se fait par amour se fait toujours par delà le bien et le mal.
L'amour amène à la lumière les qualités sublimes et secrètes de celui qui aime, ce qu'il possède de rare, d'exceptionnel. C'est pourquoi l'amant trompe facilement sur ce qui est la règle chez lui.
On n'aime, en définitive, que ses penchants, et non pas ce vers quoi l'on penche.
Avez-vous jamais dit oui à une joie? O mes amis, alors vous avez aussi dit oui à toutes les douleurs. Toutes choses sont enchaînées, enchevêtrées, unies par l'amour...

Œuvres de Friedrich Wilhelm Nietzsche

Ainsi parlait Zarathoustra (1883-1885)Ainsi parlait Zarathoustra (1883-1885), De la Victoire sur soi-mêmeAinsi parlait Zarathoustra (1883-1885), De la domination de soiAinsi parlait Zarathoustra (1883-1885), Des miséricordieuxAinsi parlait Zarathoustra (1883-1885), La chanson ivreAinsi parlait Zarathoustra (1883-1885), La vieille et la jeune femmeApocrypheAu delà du Bien et du MalAu-delà du Bien et du MalAurore (1881)Aurore (1881), 112Aurore (1881), 252Aurore (1881), 443Aurore (1881), 447Cité par Jean Granier dans Nietzsche (1977).Cité par Louis Corman dans Nietzsche, psychologie des profondeurs.Considérations inactuelles (1874)Considérations inactuelles (1874), IIDans La Folie et la Chose littéraire de Shoshana Felman.Dans Nietzsche et la Commune (1981) de Marc Sautet.