Elle rit. Je ris aussi. Pas longtemps, car ma pauvre frite me reflète dans la glace du bar.
Ceux qui sont moins glands que les autres parmi mes lecteurs ont déjà compris.
Les choses sont collectifs, dans cette cour des miracles. Justement un gros type en sort en remontant son grimpant.
Le loufiat qui m'a servi et m'a tout l'air d'appartenir à la jaquette flottante s'extasie devant une photo de magazine représentant le plus bel athlète in the world.
Pour me réconforter, un de ses compagnons me file un coup de genou dans les joyeuses, et, instantanément, mon coeur me remonte dans la gargane, sans doute parce que je l'avais placé trop bas!
Un coup de latte à cet endroit fait plus de mal qu'un coup à l'amour-propre...
Tel un curé excommunié, il n'en a cure.
Et Félicie, que maquille-t-elle en ce moment? Elle doit promener Antoine le long du champ de courses de Saint-Cloud.
Les femmes moches sont celles qu'on ne sait pas regarder.
Je reconnais le pet comme mode d'expression. Il contient des vertus comiques certaines.
Etre vachard, c'est le lot de consolation du berné.
L'amour, c'est une onde de bonheur en cours de matérialisation.
L'antipathie, c'est comme l'amour: ça implique une certaine réciprocité.
Il pleut sur la ville pis que dans le coeur de Verlaine. Les maisons de briques sont tristes comme un rendez-vous d'amour raté.
J'ai quelque chose dans le buffet. Henri II.
Prenez-en de la graine. Louise de Vilmorin.
j'ai travaillé pour la Galerie. La Fayette.
Tout se joue en une effraction de seconde, comme dirait Mister Gradube.
Le jour où les hommes comprendront qu'en donnant la vie on offre aussi la mort, ils hésiteront peut-être à vider leurs burettes.
Ca fait plaisir d'être connu et reconnu. Du reste, il n'y a que les gens connus qui sont reconnus; c'est connu.
Maintenant, l'humanité est devenue un projectile. Lorsqu'on boit de la bière au buffet d'Orly, on évacue dans les closets de Karachi, c'est la vie.
Ta vie n'intéresserait même pas un spécialiste des voies urinaires.
Le ciel est trop haut, la terre est trop basse, seul, le comptoir est à la bonne hauteur.
Il y a des gens qui vous font bonne mine par-devant et qui vous flanquent des coups de pied dans le ventre par-derrière.
A quoi te servirait cette imagination féconde si tu ne pouvais l'employer à travestir la dure réalité d'un vilain moment ?
Œuvres de Frédéric Dard
Al Capote (1992)Des yeux pour pleurer (1957)Fais-moi des chosesFrance-Soir, le 11 décembre 1975.Interview dans Le Monde, 18 décembre 1970.Le Standinge selon Bérurier (1965)Les Cons (1973)Les pensées de San-AntonioLes pensées de San-Antonio (1996)Lyon ville lumière (1979)Moi, vous me connaissez ? de San-AntonioParlant de sa fille décédée.Réflexions appuyées sur la connerie (1999)Réflexions définitives sur l'au-delà (2000)Réflexions jubilatoires sur l'existence (2000)Réflexions poivrées sur la jactance (1999)Réflexions sur les gens de chez nous et d'ailleurs (1999)Saint-Gengoul (1945)San-Antiono, Y a de l'action ! (1967)San-Antonio