Œuvre

San-Antonio, Au suivant de ces messieurs (1957)

Je déjeune en ligotant le baveux du morning. Je fais du rififi en Suisse, je vous le dis. Trois colonnes à la une ...
Il met son brandillon en avant. Je le lui bloque et le tords. Il gueule; une trosion, le voilà à genoux par terre.
Je rampe à l'abri du parasol et je commence à me déloquer. Lorsque mes fringues sont en tas, elles ressemblent à un paquet de tripes à la mode de Caen.
Elle rit. Je ris aussi. Pas longtemps, car ma pauvre frite me reflète dans la glace du bar.
Le loufiat qui m'a servi et m'a tout l'air d'appartenir à la jaquette flottante s'extasie devant une photo de magazine représentant le plus bel athlète in the world.
Pour me réconforter, un de ses compagnons me file un coup de genou dans les joyeuses, et, instantanément, mon coeur me remonte dans la gargane, sans doute parce que je l'avais placé trop bas!
Un coup de latte à cet endroit fait plus de mal qu'un coup à l'amour-propre...