Auteur

Eugène Fromentin

Il n'y a de définitif et d'absolu que les lois du beau.
Je me suis mis d'accord avec moi-même, ce qui est bien la plus grande victoire que nous puissions remporter sur l'impossible.
L'absence unit et désunit, elle rapproche aussi bien qu'elle divise, elle relâche certains liens très solides, elle les tend et les éprouve au point de les briser.
L'art de peindre n'est que l'art d'exprimer l'invisible par le visible.
L'art italien a cela de commun avec tous les arts fortement constitués, qu'il est à la fois cosmopolite parce qu'il est allé partout, et très altier parce qu'il s'est suffi.
La peinture est à fleur de toile, la vie n'est qu'à fleur de peau.
On dirait que l'art de peindre est depuis longtemps un secret perdu et que les derniers maîtres tout à fait expérimentés qui le pratiquèrent en ont emporté la clef avec eux.
Sais-tu quel est mon plus grand souci? C'est de tuer l'ennui. Celui qui rendrait ce service à l'humanité serait le vrai destructeur des monstres.
Trop haut, c'est l'impossible; trop bas ce sont les feuilles mortes. La vie n'est pas là; regardez directement devant vous, à hauteur d'hommes, et vous la verrez.
J'étais heureux ; oui, je crois que j'étais heureux, si le bonheur consiste à vivre rapidement, à aimer de toutes ses forces, sans aucun sujet de repentir et sans espoir.
Après avoir à ses débuts abordé le théâtre, pour lequel il ne se jugeait ni assez recommandé ni assez mûr, il s'était jeté dans le journalisme.
(L'absence) accumule des mondes d'indifférence sur des promesses de souvenirs éternels.
On dansait devant la grille de la ferme sur une esplanade en forme d'aire, entourée de grands arbres.
Etre beau, tel était le premier et le dernier mot, l'alpha et l'oméga d'un catéchisme que nous ne connaissons plus guère aujourd'hui.
Son caractère ombrageux à l'excès prenait de jour en jour des angles plus vifs.
Il était plus animé que de coutume; une certaine excitation forte, joyeuse et résolue éclairait ses yeux.
Une ardeur ... d'anticiper sur son âge et de s'improviser un homme à seize ans à peine.
Sa couleur violâtre appuie la couleur ardente du premier plan.
L'eau serpente et dessine en courant des arabesques mobiles.
Je ne sais quelle envie perverse me prit de la gêner, de l'assiéger, de la contraindre dans sa dernière réserve.
Un attendrissement subit, impossible à motiver, plus impossible encore à contenir, montait en moi comme un flot prêt à jaillir.
Et vous aussi, mon cher Augustin, lui dis-je, vous n'êtes pas heureux?
Je n'entends pas d'autre bruit que celui du vent dans la toile des tentes et dans les arbres du jardin.
Il n'y avait plus rien que le noir, ce noir absolu qui doit exister seulement dans l'oeil éteint des aveugles.
Baigné d'air chaud, pénétré de silence et sous l'empire de sensations extraordinairement douces et perfides ...

Œuvres de Eugène Fromentin

Dominique (1862)Les Maîtres d'autrefois (1876)Un été dans le Sahara (1857)Une année dans le Sahel (1858)Voyage en Egypte