... le mythe humaniste de l'homme sur-naturel s'est reconstitué au coeur même de l'anthropologie, et l'opposition nature/culture a pris forme de paradigme, c'est-à-dire de modèle conceptuel commandant tous ses discours.
... société et individualité ne sont pas deux réalités séparées s'ajustant l'une à l'autre, mais il y a un ambi-système où complémentairement et contradictoirement individu et société sont constitutifs l'un de l'autre tout en se parasitant l'un l'autre.
... une société s'autoproduit sans cesse parce qu'elle s'autodétruit sans cesse.
... c'est le langage, et non pas l'homme qui est unique.
Il est donc sensé de penser que c'est le langage qui a créé l'homme, et non l'homme le langage, mais à condition d'ajouter que l'hominien a créé le langage.
Mais la culture est indispensabe pour produire de l'homme, c'est-à-dire un individu hautement complexe dans une société hautement complexe, à partir d'un bipède nu dont la tête va s'enfler de plus en plus.
... l'homme est un être culturel par nature parce qu'il est un être naturel par culture.
Contrairement à la croyance reçue, il y a moins de désordre dans la nature que dans l'humanité.
L'homme est fou-sage.
Comme on le sait, le dernier continent inconnu à l'homme est l'homme, et le centre de ce continent, le cerveau, nous est non seulement inconnu, mais encore incompréhensible.
La pensée, on l'oublie trop souvent, est un art, c'est-à-dire un jeu de précision et d'imprécision, de flou et de rigueur.
La démence est la rançon de la sapience.
L'histoire n'est rien d'autre que le lien aléatoire, complémentaire, concurrent et antagoniste, entre désordre et procès de complexification.
... la fleur de l'hypercomplexité, c'est-à-dire la conscience.
C'est toujours ce qui éclaire qui demeure dans l'ombre.
La conscience n'est jamais assurée de surmonter l'ambiguïté et l'incertitude.
La conscience n'est pas la lumière qui éclaire l'esprit et le monde, mais c'est la lueur ou le flash qui éclaire la brèche, l'incertitude, l'horizon.
... la culture, en tant que système génératif, constitue un quasi-code culturel, c'est-à-dire une sorte d'équivalent sociologique de ce qu'est le code génétique pour les êtres vivants.
... l'excellent anthropologue William Shakespeare.
Le tourbillon destructeur de l'histoire, en balayant à tous vents les cultures en miettes, disperse aussi des spores.
Ainsi, chacun porte en lui la multiplicité et la multipotentialité, et les «autres», notamment ceux qui nous répugnent ou que nous haïssons, ne font qu'incarner l'une ou l'autre de nos potentialités.
... toute théorie, y compris scientifique, ne peut épuiser le réel, et enfermer son objet dans ses paradigmes.
Alors, qu'est-ce que l'amour? - C'est le comble de l'union de la folie et de la sagesse.
Plus puissante est l'intelligence générale, plus grande est sa faculté de traiter des problèmes spéciaux.
L'incapacité d'organiser le savoir épars et compartimenté condiuit à l'atrophie de la disposition mentale naturelle à contextualiser et à globaliser.
Œuvres de Edgar Morin
Amour, Poésie, Sagesse (1997)Amour, poésie, sagesseAu péril des idées (2014) (avec Tariq Ramadan)Culture et barbarie européennes (2005)Dialogue sur la nature humaine (2000)Eduquer pour l'ère planétaire (2003)L'Avenir de la vieL'Esprit du temps (1976)La Méthode (1977), La Vie de la vieLa Méthode, Ethique (2004)La Méthode, L'Humanité de l'humanité (2001)La Méthode, L'Humanité de l'humanité (2001), Le complexe d'Adam «Sapiens-demens»La Méthode, L'Humanité de l'humanité - L'identité humaine (2001)La Méthode, La Connaissance de la connaissance (1986)La Voie: Pour l'avenir de l'humanité (2011)La pensée socialiste en ruine, Le Monde, 21 avril 1993.Le Vif du sujet (1962)Le paradigme perdu (1973)Le paradigme perdu (1973), la nature humaineLe retour de l'événement (1972)