Pendant ce temps on me déshabille, et je deviens la proie des attouchements les plus impudiques.
Auteur
Donatien Alphonse François, marquis de Sade
Il était entièrement nuit quand je repris mes sens; j'étais au pied d'un arbre, hors de toutes les routes, froissée, ensanglantée... déshonorée, Madame.
A l'égard du crime de la destruction de son semblable, sois-en certaine, chère fille, il est purement chimérique; le pouvoir de détruire n'est pas accordé à l'homme; il a tout au plus celui de varier les formes.
Il est bon que tu saches que la première qualité que j'exige de toi, Thérèse, est une discrétion à toute épreuve. Il se passe beaucoup de choses ici, beaucoup qui contrarieront tes principes de vertu, il faut tout voir, mon enfant, tout entendre ...
Je suis accablée des plus dures invectives, et les plus effrayants arrêts se prononcent; il ne s'agit de rien moins que de me disséquer toute vive, pour examiner les battements du coeur ...
Les huit filles qui se trouvaient pour lors au souper, étaient si distantes par l'âge qu'il me serait impossible de vous les esquisser en masse.
J'étais déjà presque sur la crête, lorsque tout s'éboulant par mon poids, je retombai dans le fossé sous les débris que j'avais entraînés.
L'un de ces hommes, celui qui se prêtait, était âgé de vingt-quatre ans, assez bien mis pour faire croire à l'élévation de son rang.
Leurs bouches se pressent, leurs soupirs se confondent, leurs langues s'entrelacent.
Y a-t-il un seul homme raisonnable qui soit envieux de faire partager sa jouissance à des filles de joie ? Et n'y a-t-il pas des millions d'hommes qui prennent pourtant de grands plaisirs avec ces créatures ?
Les ombres de la nuit commençaient à répandre dans la forêt, cette sorte d'horreur religieuse qui fait naître à-la-fois la crainte dans les âmes timides, le projet du crime dans les coeurs féroces.
Elle est bien dupe, la femme que des noeuds aussi absurdes que ceux de l'hymen empêchent de se livrer à ses penchants, qui craint ou la grossesse, ou les outrages à son époux.
Depuis l'âge de quinze ans, ma tête ne s'est embrassée qu'à l'idée de périr victime des passions cruelles du libertinage.
A l'égard du ciel, mon cher chevalier, cesse donc, je te prie, d'en craindre les effets: un seul moteur agit dans l'univers et ce moteur c'est la nature.
Quand des gens de notre sorte donnent, en un mot, ce n'est jamais que pour recevoir; or, comment une petite fille comme vous peut-elle reconnaître ce qu'on fait pour elle, si ce n'est par l'abandon le plus entier de tout ce qu'on exige de son corps!
Ma reconnaissance vous est due, j'en conviens, mais je ne l'acquitterai pas au prix d'un crime.
Il est cruel sans doute d'avoir à peindre une foule de malheurs accablant la femme douce et sensible, qui respecte le mieux la vertu, et d'une autre part l'affluence des prospérités sur ceux qui écrasent ou mortifient cette même femme.
Comme une fille peut-elle être assez simple pour croire que la vertu puisse dépendre d'un peu plus, ou d'un peu moins de largeur dans une des parties de son corps. Eh! qu'importe aux hommes ou à Dieu que cette partie soit intacte ou flétrie?
Mais dès que tu n'es pas vierge, dit Rombeau, qu'importe, tu ne seras coupable de rien, nous allons te violer comme tu l'as déjà été, et dès lors pas le plus petit péché sur ta conscience; ce sera la force qui t'aura tout ravi.
Sans les lois et les religions on n'imagine pas le degré de gloire et de grandeur où seraient aujourd'hui les connaissances humaines; il est inouï comme ces indignes freins ont retardé les progrès...
Le bonheur n'est que dans la vertu.
Mais l'amour est-il un mal dont on puisse guérir ?
A l'égard du malheur qui tourmente la vertu, l'infortuné que le sort persécute a pour consolation sa conscience, et les jouissance secrètes qu'il retire de sa pureté le dédommagent bientôt de l'injustice des hommes.
La société n'est-elle pas autorisée à ne jamais souffrir dans son sein celui qui se déclare contre elle ? et l'individu qui s'isole peut-il lutter contre tous ?
Le système de l'amour du prochain est une chimère que nous devons au christianisme, et non pas à la nature.
Œuvres de Donatien Alphonse François, marquis de Sade
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