Auteur

Christian Bobin

La parole qui adore comme celle qui maudit ignorent tout de ce qu'elles nomment, et d'ailleurs souvent se succèdent en une seconde sur les mêmes lèvres, à propos du même objet, de la même personne.
Les mariages usent l'amour, le fatiguent, le tirent vers le sérieux et le lourd qui est le lieu du monde.
Si l'on veut connaître un homme, il faut chercher celui vers lequel sa vie est secrètement tournée, celui à qui, de préférence à tout autre, il parle, même quand apparemment il s'adresse à nous.
... prier, parler au vide pour que le vide nettoie votre parole.
Il n'y a pas d'amour adulte, mûr et raisonnable. Il n'y a devant l'amour aucun adulte, que des enfants, que cet esprit d'enfance qui est abandon, insouciance, esprit de la perte d'esprit.
Dieu c'est ce que savent les enfant, pas les adultes.
La religion c'est ce qui relie et rien n'est plus religieux que la haine: elle rassemble les hommes en foule sous la puissance d'une idée ou d'un nom quand l'amour les délivre un à un par la faiblesse d'un visage ou d'une voix.
... ce qui est impossible à comprendre est tellement simple à vivre.
... la mort, cette extase du sommeil.
La joie c'est de n'être plus jamais chez soi, toujours dehors, affaibli de tout, affamé de tout, partout dans le dehors du monde comme au ventre de Dieu.
... le génie est composé d'amour, d'enfance et encore d'amour ...
... je cherche matière de louange partout, même dans le pire.
Les enfants, ce n'est pas sorcier, ça pousse à travers nos erreurs.
... plus on s'approche de la lumière, plus on se connaît plein d'ombres.
La mort ne change pas une vie en destin. Mourir ne referme pas le livre à sa dernière page, texte enfin déchiffrable.
Peu de livres changent une vie. Quand ils la changent c'est pour toujours, des portes s'ouvrent que l'on ne soupçonnait pas, on entre et on ne reviendra plus en arrière.
Désespoir, amour, gaieté. Qui a ces trois roses enfoncées dans le coeur a la jeunesse pour lui, avec lui.
... le plus bel usage de cette vie c'est de n'en rien faire ...
... l'intelligence c'est proposer à l'autre ce qu'on a de plus précieux, en faisant tout pour qu'il puisse en disposer - s'il le souhaite, quand il le souhaite. L'intelligence, c'est l'amour avec la liberté.
... je n'aime que cette musique que je n'ai plus besoin d'entendre ...
Mon pays fait vingt et un centimètres de large, sur vingt-neuf de long: une feuille de papier blanc.
Les terres où nous vivons sont comme les personnes, identifiables à des riens, à telle couleur d'un ciel, tel accident d'un sol.
Nous n'habitons pas des régions. Nous n'habitons même pas la terre. Le coeur de ceux que nous aimons est notre vraie demeure.
Dans les choses que nous voulons il y a toujours plus que les choses elles-mêmes.
A part les saints et quelques chiens errants, nous sommes tous plus ou moins contaminés par la maladie de la tristesse.

Œuvres de Christian Bobin

Autoportait au radiateurAutoportrait au radiateurAutoportrait au radiateur (2000)Carnet du soleil (2011)Eclat du Solitaire (2011)Eloge du rien (1990)GeaiGeai (1998)Isabelle BrugesIsabelle Bruges (1992)L' homme-joie (2012)L'Equilibriste (1998)L'Homme du désastre (1986)L'Homme qui marche (1995)L'autre visageL'enchantement simpleL'enchantement simple (1989)L'homme-joie (2012)L'inespéréeL'inespérée (1994)