Auteur

Charles Péguy

Un vers est toujours plus grand que plusieurs vers... Un mot est toujours plus grand que plusieurs mots.
La justice, la raison, la bonne administration du travail demandent que les intellectuels ne soient ni gouvernants ni gouvernés.
Quand on a l'honneur d'être malade, et le bonheur d'avoir une maladie qui vous laisse la tête libre... c'est alors, et alors seulement, qu'on est le lecteur idéal.
Qu'est-ce qu'une pensée qui n'aurait pas de coeur. Et qu'est-ce qu'un coeur qui ne serait pas éclairé au soleil de la pensée.
Quarante ans est un âge terrible. Car c'est l'âge où nous devenons ce que nous sommes.
La calomnie est en politique moins gênante que, la manifestation de la vérité.
La lâcheté des foules, en particulier des foules parlementaires, est incalculable.
Toute Révolution, bien entendue, est une opération d’ordre. Toute opération de désordre, bien entendue, est une opération de réaction. L’ordre, et l’ordre seul, fait en définitive la liberté. Le désordre fait la servitude. Les seuls démagogues ont intérêt à essayer de nous faire croire le contraire.
L’ordre, et l’ordre seul, fait en définitive la liberté. Le désordre fait la servitude. Les seuls démagogues ont intérêt à essayer de nous faire croire le contraire.
Le socialisme, la révolution sociale ne consiste point, comme nos intellectuels, révolutionnaires de haute et de basse bourgeoisie, voudraient nous le faire croire, à introduire dans les relations économiques des désordres là où il n’y en a pas encore tout à fait, là où il y a encore quelque peu d’ordre. Le socialisme, au contraire, la révolution sociale, au contraire, consiste au contraire à étendre autant que nous le pouvons le pauvre peu d’ordre économique et social qui soit demeuré dans le désordre économique bourgeois, à introduire autant que nous le pouvons des ordres économiques et sociaux dans le désordre capitaliste bourgeois.
Car ce sont les désordres économiques, bourgeois, qui font les servitudes, bourgeoises, et au contraire ce sont les ordres économiques et sociaux étendus ou introduits qui font les libérations économiques. […] Une révolution sociale, bien entendue, est essentiellement une opération de mise ou de remise en ordre, en un certain ordre, social. Tout désordre, comme tel, et considéré comme une fin, est une opération de réaction, une opération de servitude. Et cette révolution sociale […] ne peut consister que essentiellement à étendre au contraire et à introduire des ordres ; elle ne peut que consister essentiellement à étendre, autant que nous le pouvons, le peu d’ordres économiques existants, institués ou sauvés, et surtout à introduire, autant que nous le pouvons, des ordres économiques nouveaux dans le désordre capitaliste bourgeois, désordre économique. Autant que moral.
C’est un spectacle admirable que (celui que) donnent tant de professeurs de l’enseignement secondaire, (…) exposés à tout, sacrifiant tout, luttant contre tout, résistant à tout pour défendre leurs classes. Luttant contre tous les pouvoirs, les autorités temporelles, les puissances constituées. Contre les familles, ces électeurs, contre l’opinion ; contre le proviseur, qui suit les familles, qui suivent l’opinion ; contre les parents des élèves ; contre le proviseur, le censeur, l’inspecteur d’académie, le recteur de l’académie, l’inspecteur général, le directeur de l’enseignement secondaire, le ministre, les députés, toute la machine, toute la hiérarchie, contre les hommes politiques, contre leur avenir, contre leur carrière, contre leur (propre) avancement ; littéralement contre leur pain. Contre leurs chefs, contre leurs maîtres, contre l’administration, la grande Administration, contre leurs supérieurs hiérarchiques, contre leurs défenseurs naturels, contre ceux qui naturellement devraient les défendre. Et qui les abandonnent au contraire. Quand ils ne les trahissent pas. Contre tous leurs propres intérêts. Contre tout le gouvernement, notamment contre le plus redoutable de tous, le gouvernement de l’opinion.
C’est un spectacle admirable que donnent tant de professeurs de l’enseignement secondaire, (...) résistant à tout pour défendre leurs classes. Luttant contre les familles, contre les parents des élèves (...) Contre tout le gouvernement, notamment contre le plus redoutable de tous, le gouvernement de l’opinion.

Œuvres de Charles Péguy

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