Œuvre
Notre jeunesse (1910)
Tel étant notre socialisme, il est évident qu'il était, qu'il faisait un assainissement de la nation et du peuple.
Les fondateurs viennent d'abord. Les profiteurs viennent ensuite.
Nous étions autrement fiers, autrement droits, autrement orgueilleux, infiniment fiers, portant haut la tête, infiniment pleins, infiniment gonflés des vertus militaires.
Tout commence en mystique et finit en politique.
C’est un spectacle admirable que (celui que) donnent tant de professeurs de l’enseignement secondaire, (…) exposés à tout, sacrifiant tout, luttant contre tout, résistant à tout pour défendre leurs classes. Luttant contre tous les pouvoirs, les autorités temporelles, les puissances constituées. Contre les familles, ces électeurs, contre l’opinion ; contre le proviseur, qui suit les familles, qui suivent l’opinion ; contre les parents des élèves ; contre le proviseur, le censeur, l’inspecteur d’académie, le recteur de l’académie, l’inspecteur général, le directeur de l’enseignement secondaire, le ministre, les députés, toute la machine, toute la hiérarchie, contre les hommes politiques, contre leur avenir, contre leur carrière, contre leur (propre) avancement ; littéralement contre leur pain. Contre leurs chefs, contre leurs maîtres, contre l’administration, la grande Administration, contre leurs supérieurs hiérarchiques, contre leurs défenseurs naturels, contre ceux qui naturellement devraient les défendre. Et qui les abandonnent au contraire. Quand ils ne les trahissent pas. Contre tous leurs propres intérêts. Contre tout le gouvernement, notamment contre le plus redoutable de tous, le gouvernement de l’opinion.
C’est un spectacle admirable que donnent tant de professeurs de l’enseignement secondaire, (...) résistant à tout pour défendre leurs classes. Luttant contre les familles, contre les parents des élèves (...) Contre tout le gouvernement, notamment contre le plus redoutable de tous, le gouvernement de l’opinion.