Un véritable savant, qui travaille dans son laboratoire, n'écrit point science avec un grand S.
L'ordre, et l'ordre seul, fait en définitive la liberté. Le désordre fait la servitude.
Rien n'est mystérieux comme ces sourdes préparations qui attendent l'homme au seuil de toute vie. Tout est joué avant que nous ayons douze ans.
Nous ne savons plus rien de ce qu'on nous a lu, - Nous ne savons plus rien de ce qu'on nous a dit. - Nous ne connaissons plus qu'un éternel édit, - Nous ne savons plus rien que votre ordre absolu.
Quand l'homme relevé de la plus vieille tombe - Ecartera la ronce et les fleurs du hallier, - Quand il remontera le vétuste escalier - Où le pied du silence à chaque pas retombe.
Et ce grand général qui ramassait des villes - Comme on gaule des noix avec un grand épieu - N'était dans la rumeur et les guerres civiles - Qu'une humble enfant perdue en son amour de Dieu.
On prouve, on démontre aujourd'hui la République. Quand elle était vivante, on ne la prouvait pas.
Un homme qui défend le français, le latin ou le grec, ou simplement l'intelligence est un homme perdu.
La seule valeur, la seule force du royalisme... c'est que le roi est plus ou moins aimé. La seule force, la seule valeur, la seule dignité de tout, c'est d'être aimé.
De tout ce qu'il peut y avoir de mauvais, l'habitude est ce qu'il y a de pire.
Se mettre en avance, se mettre en retard, quelles inexactitudes. Etre à l'heure, la seule exactitude.
Le pire, c'est d'avoir une âme endurcie par l'habitude. Sur une âme habituée, la grâce ne peut rien. Elle glisse sur elle comme l'eau sur un tissu huileux... Les honnêtes gens ne mouillent pas à la grâce.
Il y aura dans tes cahiers beaucoup plus d'édité que d'inédit. Mais il y a tant d'inédit que tout le monde connaît d'avance, il y a tant d'édité que tout le monde ignore.
C'est une illusion dangereuse que de croire que l'on peut publier sans recevoir, écrire sans lire, parler sans écouter, produire sans se nourrir, donner de soi sans se refaire.
Le classique se connaît à sa sincérité, le romantique à son insincérité laborieuse.
Enseigner à lire, telle serait la seule et la véritable fin d'un enseignement bien entendu : que le lecteur sache lire et tout est sauvé.
Le plus beau métier du monde, après le métier de parent, (et d'ailleurs c'est le métier le plus apparenté au métier de parent), c'est le métier de maître d'école et c'est le métier de professeur de lycée.
La République une et indivisible, c'est notre royaume de France.
Pour la première fois dans l'histoire du monde les puissances spirituelles ont été toutes ensemble refoulées non point par les puissances matérielles mais par une seule puissance matérielle qui est la puissance de l'argent.
Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle, - Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre. - Heureux ceux qui sont morts pour quatre coins de terre. - Heureux ceux qui sont morts d'une mort solennelle.
Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles. - Couchés dessus le sol à la face de Dieu. - Heureux ceux qui sont morts sur un dernier haut lieu - Parmi tout l'appareil des grandes funérailles.
Heureux ceux qui sont morts car ils sont retournés - Dans la première argile et la première terre. - Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre - Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés.
C'est le propre du génie de procéder par les idées les plus simples.
Le kantisme a les mains pures ; par malheur, il n'a pas de mains.
Nous devons nous élever de toutes nos forces et inlassablement contre les envahissements de toutes les barbaries.
Œuvres de Charles Péguy
ClioDans Tempête sur l'Eglise de Robert Senon.EveEve (1913)Jeanne d'Arc, Troisième partieL'ArgentL'Argent (1913)L'Argent suite (1913)La RépubliqueLa République, notre royaume de FranceLa Tapisserie de Notre-Dame (1913)La Tapisserie de Notre-Dame (1913), Les quatre prières dans la cathédrale de ChartresLa Tapisserie de Notre-Dame, Présentation de la Beauce à Notre-Dame de ChartresLa Tapisserie de Notre-Dame, les Quatre Prières dans la cathédrale de ChartresLe Mystère de la charité de Jeanne d'Arc (1910)Le Mystère des Saints Innocents (1912)Le Porche du Mystère de la deuxième vertu (1912)Le Porche du Mystère de la deuxième vertu (1912), La nuitLe Porche du mystère de la deuxième vertuLes Cahiers de la quinzaine