Auteur

Blaise Pascal

Les principes se sentent, les propositions se concluent.
La raison agit avec lenteur, et avec tant de vues, sur tant de principes, lesquels il faut qu'ils soient toujours présents, qu'à toute heure elle s'assoupit ou s'égare, manque d'avoir tous ses principes présents.
Les riches quittent leur bien, les enfants quittent la maison délicate de leurs pères pour aller dans l'austérité d'un désert, etc.
Nous n'enfantons que des atomes au prix de la réalité des choses.
Quand dans un discours se trouvent des mots répétés, et qu'essayant de les corriger, on les trouve si propres qu'on gâterait le discours, il les faut laisser, c'en est la marque.
J'ai mal usé de ma santé, et vous m'en avez justement puni. Ne souffrez pas que j'use mal de votre punition.
Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point.
Les yeux sont les interprètes du coeur; mais il n'y a que celui qui y a intérêt qui entend leur langage.
Enfin, comme on rêve souvent qu'on rêve, entassant un songe sur l'autre, la vie n'est elle-même qu'un songe, sur lequel les autres sont entés, dont nous nous éveillons à la mort.
Deux fondements surnaturels de notre religion toute surnaturelle; l'un visible, l'autre invisible. Miracles avec la grâce, miracles sans grâce.
Les hommes s'occupent à suivre une balle et un lièvre: c'est le plaisir même des rois.
Tout ce que les uns ont pu dire pour montrer la grandeur n'a servi que d'un argument aux autres pour conclure la misère, puisque c'est être d'autant plus misérable qu'on est tombé de plus haut.
Nous ne nous soutenons pas dans la vertu selon notre propre force, mais par le contrepoids de deux vices opposés.
L'amour n'a point d'âge: il est toujours naissant. Les poètes nous l'ont dit; c'est pour cela qu'ils nous le représentent comme un enfant.
Le temps guérit les douleurs et les querelles, parce qu'on change: on n'est plus la même personne; ni l'offensant, ni l'offensé ne sont plus eux-mêmes.
On trouve toujours plus de moines que de raisons.
Le premier effet de l'amour c'est d'inspirer un grand respect.
J'aurai aussi mes pensées de derrière la tête.
La vraie morale se moque de la morale.
Voulez-vous qu'on croie du bien de vous? N'en dites pas.
La douceur de la gloire est si grande, qu'à quelque chose qu'on l'attache, même à la mort, on l'aime.
Un Roi sans divertissement est un homme plein de misères.
La conscience est le meilleur livre du monde que nous ayons; c'est celui que l'on doit consulter le plus souvent.
Puisqu'on ne peut être universel en sachant tout ce qui peut se savoir sur tout, il faut savoir peu de tout. Car il est bien plus beau de savoir quelque chose de tout que de savoir tout d'une chose.
Le monde ordinaire a le pouvoir de ne pas songer à ce qu'il ne veut pas songer.

Œuvres de Blaise Pascal

Chap. XXV - Faiblesse de l’hommeDe l'Esprit géométrique et de l'Art de persuader (1657)De l'esprit géométriqueDiscours sur la condition des grands, IIDiscours sur les passions de l'amourDiscours sur les passions de l'amour (1652-1653)Entretien avec M. de SacyEntretien avec M. de Sacy.Fragment de préface pour le traité du vide (1647)Les provinciales (1656)Les provinciales (1656), 16Les provinciales (1656), 6Les provinciales (1656), IILes provinciales (1656), IIILes provinciales (1656), IXLes provinciales (1656), VILes provinciales (1656), XLes provinciales (1656), XILes provinciales (1656), XIILes provinciales (1656), XV