Toutes ces contrariétés, qui semblaient le plus m'éloigner de la connaissance, de la religion, est ce qu'il m'a le plus tôt conduit à la véritable.
Pourquoi ma connaissance est-elle bornée? ma taille? ma durée à cent ans plutôt qu'à mille?
On peut bien connaître l'existence d'une chose, sans connaître sa nature.
La grandeur de l'homme est grande en ce qu'il se connaît misérable. Un arbre ne se connaît pas misérable.
C'est le consentement de vous à vous-même, et la voix constante de votre raison, et non des autres qui vous doit faire croire.
Les miracles sont plus importants que vous ne pensez; ils ont servi à la fondation, et serviront à la continuation de l'Eglise, jusqu'à l'Antéchrist, jusqu'à la fin.
Quand dans un discours se trouvent des mots répétés, et qu'essayant de les corriger, on les trouve si propres qu'on gâterait le discours, il les faut laisser.
Un cheval n'admire point son compagnon; ce n'est pas qu'il n'y ait entre eux de l'émulation à la course, mais c'est sans conséquence.
Les pères craignent que l'amour naturel des enfants ne s'efface; quelle est donc cette nature, sujette à être effacée? la coutume est une seconde nature, qui détruit la première. Mais qu'est-ce que nature?
Il y a peu de vrais Chrétiens, je dis même pour la foi. Il y en a bien qui croient, mais par superstition; il y en a bien qui ne croient pas, mais par libertinage; peu sont entre deux.
Rien n'est si semblable à la charité que la cupidité, et rien n'y est si contraire.
Mon Dieu! que ce sont de sots discours: Dieu aurait-il fait le monde pour le damner?
J'ai découvert que tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre.
Pour reconnaître si c'est Dieu que nous fait agir, il vaut bien mieux s'examiner par nos comportements au dehors que par nos motifs au dedans.
Tout ce que Dieu ne veut pas est défendu. Les péchés sont défendus par la déclaration générale que Dieu a faite, qu'il ne les voulait pas.
Les Grecs, et les Latins ensuite, ont fait régner les fausses déités.
Nous implorons la miséricorde de Dieu, non afin qu'il nous laisse en paix dans nos vices, mais afin qu'il nous en délivre.
Ainsi j'appelle miraculeuse la guérison d'une maladie, faite par l'attouchement d'une sainte relique; la guérison d'un démoniaque, faite par l'invocation du nom de Jésus, etc.
Et ainsi, notre proposition est dans une force infinie, quand il y a le fini à hasarder à un jeu où il y a pareils hasards de gain que de perte, et l'infini à gagner. Cela est démonstratif; et si les hommes sont capables de quelque vérité, celle-là l'est.
Quelle différence entre un soldat et un chartreux, quant à l'obéissance? car ils sont également obéissants et dépendants, et dans des exercices également pénibles.
Toutes ces misères-là mêmes prouvent sa grandeur; ce sont misères de grand seigneur, misères d'un roi dépossédé.
Les choses du monde les plus déraisonnables deviennent les plus raisonnables à cause du dérèglement des hommes.
La raison nous commande bien plus impérieusement qu'un maître; car en désobéïssant à l'un on est malheureux, et en désobéïssant à l'autre on est un sot.
J'écrirai ici mes pensées sans ordre, et non pas peut-être dans une confusion sans dessein.
Dieu leur donne une grâce efficace qui détermine réellement leur volonté à l'action, et laquelle Dieu ne donne pas à tous.
Œuvres de Blaise Pascal
Chap. XXV - Faiblesse de l’hommeDe l'Esprit géométrique et de l'Art de persuader (1657)De l'esprit géométriqueDiscours sur la condition des grands, IIDiscours sur les passions de l'amourDiscours sur les passions de l'amour (1652-1653)Entretien avec M. de SacyEntretien avec M. de Sacy.Fragment de préface pour le traité du vide (1647)Les provinciales (1656)Les provinciales (1656), 16Les provinciales (1656), 6Les provinciales (1656), IILes provinciales (1656), IIILes provinciales (1656), IXLes provinciales (1656), VILes provinciales (1656), XLes provinciales (1656), XILes provinciales (1656), XIILes provinciales (1656), XV