Auteur

André Gide

... ne cherche pas, dans l'avenir, à retrouver jamais le passé.
Je veux bien que, l'existence une fois admise, celle de la terre et de l'homme et de moi paraisse naturelle, mais ce qui confond mon intelligence, c'est la stupeur de m'en apercevoir.
J'avais besoin d'un poumon, m'a dit l'arbre: alors ma sève est devenue feuille, afin d'y pouvoir respirer. Puis quand j'eus respiré, ma feuille est tombée, et je n'en suis pas mort. Mon fruit contient toute ma pensée sur la vie.
C'est un grand souci que de penser.
Rien n'est plus dangereux pour toi que ta famille, que ta chambre, que ton passé.
... choisir, c'était renoncer pour toujours, pour jamais, à tout le reste et la quantité nombreuse de ce reste demeurait préférable à n'importe quelle unité.
La fleur ne vaut pour moi que comme une promesse de fruit.
Qu'aimes-tu tant dans les départs, Ménalque? Il répondit: - L'avant-goût de la mort.
Il y a d'admirables préparatifs au sommeil; il y a d'admirables réveils; mais il n'y a pas d'admirables sommeils, et je n'aime le rêve que tant que je le crois réalité. Car le plus beau sommeil ne vaut pas le moment où l'on se réveille.
Je garde l'habitude d'une vaste confiance qu'on appellerait de la foi, si elle était assermentée.
Ah! qui délivrera mon esprit des lourdes chaînes de la logique? Ma plus sincère émotion, dès que je l'exprime, est faussée.
La vie peut être plus belle que ne la consentent les hommes. La sagesse n'est pas dans la raison, mais dans l'amour.
Sache que la fleur la plus belle est aussi la plus tôt fanée. Sur son parfum penche-toi vite. L'immortelle n'a pas d'odeur.
Tout ce que tu ne sais pas donner te possède.
C'est en renonçant à sa divinité que le Christ vraiment devient Dieu. Et, réciproquement, en se renonçant dans le Christ Dieu se crée.
Il y a sur terre de telles immensités de misère, de détresse, de gêne et d'horreur, que l'homme heureux n'y peut songer sans prendre honte de son bonheur.
Il est bien plus difficile qu'on ne croit de ne pas croire à Dieu.
C'est un vase informe (le mot DIEU) à parois indéfiniment extensibles, qui contient ce qu'il plaît à chacun d'y mettre, mais qui ne contient que ce que chacun de nous y a mis.
Je me passai fort bien de certitude dès lors que j'acquis celle-ci, que l'esprit de l'homme ne peut en avoir.
Quel évolutionniste irait supposer quelque rapport que ce soit entre chenille et papillon - si l'on ne savait que c'est précisément le même être.
On cesse de s'étonner devant un miracle constant.
Connais-toi toi-même. Maxime aussi pernicieuse que laide. Quiconque s'observe arrête son développement. La chenille qui chercherait à bien se connaître ne deviendrait jamais papillon.
Le plus précieux de nous-même est ce qui reste informulé.
La peur du ridicule obtient de nous les pires lâchetés.
L'homme devient.

Œuvres de André Gide

Ainsi soit-ilAinsi soit-il (1952)Ainsi soit-il (Dernières lignes écrites par Gide)Ainsi soit-il ou Les Jeux sont faits (1952)AjaxAttendu que...Caractères (1925)Carnets d'EgypteConférence prononcée à Beyrouth en 1946Correspondance avec Francis JammesCorrespondance, Gide - Martin du GardCorrespondance, à André Rouveyre, 31 octobre 1924Correspondance, à François Mauriac.CorydonCorydon (1920)Corydon (1920), PréfaceDe l'influence en littérature (1900)DiversDivers (1931), CaractèresDivers (1931), Un esprit non prévenu