Auteur

André Gide

A la montée du lait commence l'amour maternel.
Une explication n'est pas nécessairement une approbation mais le plus souvent on estime inutile de chercher à comprendre ce que l'on réprouve.
La science, il est vrai, ne progresse qu'en remplaçant partout le pourquoi par le comment mais si reculé qu'il soit, un point reste toujours où les deux points d'interrogations se rejoignent et se confondent.
Une opinion commence à me gêner dès que j'y puis trouver avantage.
Pour moi, tout mon amour m'attend à tout instant et pour une nouvelle surprise je le connais toujours et ne le reconnais jamais.
Ah ! Soins passionnés, tendres veilles ! Comme d'autres exaspèrent leur foi en en exagérant les pratiques, ainsi développais-je mon amour...
Gertrude avait ceci de bien qu'elle ne faisait jamais semblant de comprendre, comme font si souvent les gens, qui meublent ainsi leur esprit de données imprécises ou fausses, par quoi tous raisonnements ensuite sont viciés.
Dès l'enfance, combien de fois sommes-nous empêchés de faire ceci ou cela que nous voudrions faire, simplement parce que nous entendons répéter autour de nous : il ne pourra pas le faire...
Je n'admets pas que rien me nuise je veux que tout me serve, au contraire. J'entends tourner tout à profit.
Dans un monde où chacun triche, c'est l'homme vrai qui fait figure de charlatan.
Mais de tous ceux qui entourent un enfant, les parents sont les plus aveugles.
Ah ! que de rêves ; c'est ce qu'il y a de meilleur. Que d'élans, que d'enthousiasmes, quelle soif peut avoir un coeur, qui ne sait rien encore de la vie, et qui bondit d'impatience de s'y élancer.
Elle fait de l'infini avec l'imprécis et l'inachevé.
Je voudrais, pour parler de vous, inventer des mots plus vibrants, plus respectueux et plus tendres.
Montaigne est l'auteur d'un seul livre : Les Essais. Mais dans ce livre unique, écrit sans composition préétablie, sans méthode, au hasard des évènements et des lectures, il prétend se donner à nous tout entier.
Ce qu'elle appelait le bonheur, c'est ce que j'appelais le repos, et moi je ne voulais ni ne pouvais me reposer.
Cet état d'équilibre n'est beau que sur la corde raide assis par terre, il n'a plus rien de glorieux.
Je ne tiens pas à être heureuse. Je préfère savoir.
Ah ! Que la vie serait belle et notre misère supportable, si nous nous contentions des maux réels sans prêter l'oreille aux fantômes et aux monstres de notre esprit...
La déconsidération systématique de l'ennemi ne peut qu'avilir le vainqueur.
Si vous étiez aveugle, vous n'auriez point de péché. Mais à présent, j'y vois...
La première condition du bonheur est que l'homme puisse trouver sa joie au travail.
Je crois qu'il est un point de l'amour, unique, et que l'âme plus tard, ah ! cherche en vain à dépasser ; que l'effort qu'elle fait pour ressusciter son bonheur, l'use ; que rien n'empêche le bonheur comme le souvenir du bonheur.
Je n'ai jamais été brillant causeur ; la frivolité des salons, leur esprit, est chose à quoi je ne pouvais me plaire.
Etre grand ne lui suffit pas il ne se plaît que supérieur.

Œuvres de André Gide

Ainsi soit-ilAinsi soit-il (1952)Ainsi soit-il (Dernières lignes écrites par Gide)Ainsi soit-il ou Les Jeux sont faits (1952)AjaxAttendu que...Caractères (1925)Carnets d'EgypteConférence prononcée à Beyrouth en 1946Correspondance avec Francis JammesCorrespondance, Gide - Martin du GardCorrespondance, à André Rouveyre, 31 octobre 1924Correspondance, à François Mauriac.CorydonCorydon (1920)Corydon (1920), PréfaceDe l'influence en littérature (1900)DiversDivers (1931), CaractèresDivers (1931), Un esprit non prévenu