Ce petit jardin fut le théâtre d'un pugilat. A l'ordinaire j'étais calme, plutôt trop doux et je détestais les peignées, convaincu sans doute que j'y aurais toujours le dessous.
Il faut travailler avec acharnement, d'un coup, et sans que rien vous distraie; c'est le vrai moyen de l'unité de l'oeuvre.
Je ne peux pas dire que j'aime le danger, mais j'aime la vie hasardeuse. Je ne peux pas dire que j'aime le danger, mais j'aime la vie hasardeuse.
Ce que tu fais pour moi, tu le fais par pitié. - On n'a pas d'amitié, on a de la pitié pour un pauvre.
Ce n'est pas ce que l'on a fait que l'on regrette ici; mais bien ce que l'on n'a pas fait et que l'on aurait pu faire. Et, même, le regret prend alors la couleur sombre du repentir.
Je renonce avec une facilité déconcertante. Je renonce à tout et à n'importe quoi: plaisirs, voyages, gourmandises, et sans efforts, sans regrets. J'ai eu mon suffisant.
Je donnerais tout Hugo pour quelques sonnets de Baudelaire.
Lorsqu'on se laisse aller, L'on se plaît à croire que c'est au génie. Le talent, c'est ce qui s'acquiert; mais on n'en a cure. Je me souviens d'avoir écrit jadis qu'il fallait beaucoup de talent pour rendre un peu de génie supportable.
Je ne suis ni triste, ni gai; l'air d'ici vous emplit d'une exaltation très vague et vous fait connaître un état qui paraît aussi loin de la gaieté que de la peine; peut-être que c'est le bonheur.
Savoir se libérer n'est rien; l'ardu, c'est savoir être libre.
Les plus belles oeuvres des hommes sont obstinément douloureuses. Que serait le récit du bonheur? Rien, que ce qui le prépare, puis ce qui le détruit, ne se raconte.
Ce que l'on sent en soi de différent, c'est précisément ce que l'on possède de rare, ce qui fait à chacun sa valeur - et c'est là que l'on tâche de supprimer. On imite. Et l'on prétend aimer la vie!
On croit que l'on possède, et l'on est possédé, reprit-il.
Qu'est-ce que l'homme peut encore? Voilà ce qu'il m'importait de savoir. Ce que l'homme a dit jusqu'ici, est-ce tout ce qu'il pouvait dire? N'a-t-il rien ignoré de lui? Ne lui reste-t-il qu'à redire?
Des mille formes de la vie, chacun ne peut connaître qu'une. Envier le bonheur d'autrui, c'est folie; on ne saurait pas s'en servir. le bonheur ne se veut pas tout fait, mais sur mesure.
Ce que l'on sent en soi de différent, c'est précisément ce que l'on possède de rare, ce qui fait à chacun sa valeur; et c'est là ce que l'on tâche de supprimer. On imite. Et l'on prétend aimer la vie.
Regrets, remords, repentirs, ce sont joies de naguère, vues de dos.
On a peur de se trouver seul: et l'on ne se trouve pas du tout. Cette agoraphobie morale m'est odieuse; c'est la pire des lâchetés.
J'ai toujours eu le plus grand mal à maquiller la vérité. Même changer la couleur des cheveux me paraît une tricherie qui rend pour moi le vrai moins vraissemblable.
Les évènements racontés ne conservent pas entre eux les valeurs qu'ils avaient dans la vraie vie. Pour rester vrai on est obligé d'arranger. L'important c'est que j'indique l'émotion qu'ils me donnent.
Loin de nier ou de cacher son uranisme, il l'expose, et je pourrais presque dire: s'en targue. Il dit n'avoir jamais aimé les femmes que spirituellement et n'avoir jamais connu l'amour qu'avec des hommes.
La joie, en moi, l'emporte toujours; c'est pourquoi mes arrivées sont plus sincères que mes départs.
Les Mémoires ne sont jamais qu'à demi sincères, si grand que soit le souci de vérité: tout est toujours plus compliqué qu'on ne le dit. Peut-être même approche-t-on de plus près la vérité dans un roman.
Les difficultés d'un sujet, il est bon de ne les connaître qu'au fur et à mesure que l'on travaille; on perdrait coeur à les voir toutes d'un coup.
Le motif secret de nos actes, et j'entends: des plus décisifs, nous échappe; et non seulement dans le souvenir que nous en gardons, mais bien au moment même.
Œuvres de André Gide
Ainsi soit-ilAinsi soit-il (1952)Ainsi soit-il (Dernières lignes écrites par Gide)Ainsi soit-il ou Les Jeux sont faits (1952)AjaxAttendu que...Caractères (1925)Carnets d'EgypteConférence prononcée à Beyrouth en 1946Correspondance avec Francis JammesCorrespondance, Gide - Martin du GardCorrespondance, à André Rouveyre, 31 octobre 1924Correspondance, à François Mauriac.CorydonCorydon (1920)Corydon (1920), PréfaceDe l'influence en littérature (1900)DiversDivers (1931), CaractèresDivers (1931), Un esprit non prévenu