Auteur

Alphonse Karr

La raison humaine est une plaisante chose dans votre bouche, comme dans celle de tout le monde. Il a tort, veut dire : il ne pense pas comme moi. Il a raison, signifie : il est de mon avis.
Dans l'amour, - il y a une personne qui aime, et l'autre qui est aimée.
Entre deux amants, il n'y a qu'une somme d'amour à dépenser : ce que l'un prend de plus, - l'autre l'a de moins.
On demande en général à la vie plus qu'elle ne renferme ; nous sommes accoutumés à mettre notre bonheur dans des choses impossibles et notre malheur dans des choses inévitables.
L'espérance et le souvenir ont le même prisme : l'éloignement. Devant ou derrière nous, nous appelons le bonheur ce qui est hors de notre portée, ce que nous n'avons pas encore ou ce que nous n'avons plus.
A la fin de sa vie, on découvre qu'on n'a jamais autant souffert de personne que de son ami.
Je crois au Dieu, qui a fait les hommes et non au Dieu que les hommes ont fait.
Les fanatiques appellent souvent athée, non un homme qui nie l'existence d'un Dieu ; mais celui qui refuse de croire au Dieu qu'ils ont inventé.
J'abandonnerai vous, la terre et même la vie, si je trouve un homme dont l'âme caresse mon âme comme vous aimez et caressez mon corps.
Il se répand autour de la femme que l'on aime on parfum céleste ; ce n'est plus de l'air, c'est de l'amour qu on respire.
Les femmes n'aiment réellement que les hommes qui sont plus forts qu'elles. Car, si leurs plaisirs les plus vifs sont de plaire et de commander, leur bonheur est d'aimer et d'obéir.
Le mariage sans amour, c'est le jour sans l'aurore.
La jalousie est un poison composé des passions les plus violentes, de toutes ces passions dont la moindre remplit la vie d'un homme et le dévore sans le tuer, comme le vautour de la Fable.
La jalousie est un mélange de l'amour, de la haine, de l'avarice et de l'orgueil.
L'amour est la fleur de l'âme qui doit s'effeuiller au vent pour faire place aux fruits qui mûrissent lentement.
La jalousie est une telle passion, qu'il vient un moment où sur la trace d'une trahison, on entrevoit, on pressent une telle jouissance dans la vengeance qu'on est désappointé de trouver innocente la femme que l'on soupçonnait.
Ce n'était pas un compliment sans portée que celui qu'on faisait en disant d'un homme : Il a un grand talent pour le silence.
Les bonheurs sont comme le gibier, quand on les vise de trop loin, on les manque.
Entre deux amis, il n'y en a qu'un qui soit l'ami de l'autre.
Un service qu'on rend est une dette qu'on contracte.
Autant les femmes sont discrètes sur l'amour qu'elles ont couronné, autant elles aiment à parler de celui qu'elles n'ont pas partagé.
Ne pas honorer la vieillesse, c'est démolir la maison où l'on doit coucher le soir.
Rien n'arrive dans la vie ni comme on le craint, ni comme on l'espère.
Le soleil n'échauffe que la peau, les passions échauffent le sang.
Les hommes, non contents de deux ou trois besoins réels que la nature leur a imposés, s'en créent chaque jour de nouveaux, et épuisent tout leur génie à inventer de nouveaux moyens d'être pauvres et misérables.

Œuvres de Alphonse Karr

300 pages - Mélanges philosophiquesClothilde (1839)Clovis Gosselin (1851)Einerley (1838)En fumantEn fumant (1861)Encore les femmesGeneviève (1838)Hortense (1841)La Maison de l'ogre (1890)La Pénelope normande (1860)Le chemin le plus court (1836)Le livre de bord : souvenirs, portraits, notes au crayonLes Femmes (1853)Les GuêpesLes Guêpes (cinquième série), février 1844Les Guêpes (cinquième série), juillet 1844Les Guêpes (cinquième série), mars 1844Les Guêpes (cinquième série), novembre 1843Les Guêpes (deuxième série), Avril 1841