Auteur

Alphonse Karr

Une belle invention, c'est la modestie. Je parle de celle qu'on impose aux autres. Les envieux égoïstes s'efforcent d'étouffer et de cacher le bien fait par autrui.
S'il faut respecter le bonheur des autres, il faut également traiter le sien avec délicatesse.
On ne manque jamais d'expressions pour peindre la douleur, l'absence, la mort, la séparation; mais la poésie ne sait parler du bonheur que lorsqu'il est absent, perdu ou passé.
Le bonheur est comme les nuages à l'horizon, toujours en avant ou en arrière, jamais où on se trouve.
L'amour est l'origine, la cause et le but de tout ce qu'il y a de grand, de beau et de noble.
Avec de l'imagination et des obstacles, on peut toujours adorer une femme; il n'est pas aussi facile de l'aimer.
On n'adore la plupart des femmes que faute de les pouvoir aimer.
La jeunesse a aussi ses peines, et elles sont d'autant plus amères, qu'alors on se croit en droit de demander beaucoup à la vie.
En général, nous, nous nous marions pour rentrer dans la maison; les femmes se marient pour en sortir.
Plus d'un souvent ou s'arrête ou dévie dans le voyage de la vie.
Avec des airs pédants et des mines Tâchées, - Des philosophes faux prêchent d'un ton cagot - De rigides vertus en si haut lieu juchées, - Qu'on renonce d'y tendre, - et qu'on se dit bientôt: - L'homme est né trop pesant pour s'élever si haut.
Tu m'aimes, et moi aussi je t'aime, moi aussi je ne vis que par toi et pour toi.
L'air refrogné, la mauvaise humeur et la morgue ne composent pas la sagesse et n'en sont pas toujours une enseigne très-sûre: la sagesse est la santé de l'esprit et du coeur; elle doit rendre heureux et gai.
Les sots sont un ennemi toujours supérieur en nombre.
La vanité est l'écume de l'orgueil.
L'amour naît de rien et meurt de tout. On s'aime sans raison, on s'oublie sans motif. La constance n'est pas une attribution nécessaire de l'amour.
Chaque femme se croit volée de tout l'amour qu'on a pour une autre.
Il n'est rien qu'on ne fasse pour l'amitié.
Les amis: - une famille dont on a choisi les membres.
Le bonheur et le malheur des hommes ne dépendent pas moins de leur humeur que de la fortune.
Pour le paresseux, le champignon ne mérite pas qu'on s'incline pour le cueillir.
Au paresseux donnez un oeuf, il vous dira de récaler.
Les croix et les décorations sont un attrait pour la vanité.
La douleur partagée avec un ami n'est pas une douleur, elle a quelque chose de voluptueux pour le coeur, elle rapproche deux amis par cela même qu'elle isole des autres hommes.
Les bonheurs que je me rappelle je ne les ai pas poursuivis ni cherchés au loin, ils ont poussé et fleuri sous mes pieds, comme les pâquerettes de mon gazon. Rien n'arrive dans la vie ni comme on le craint ni comme on l'espère.

Œuvres de Alphonse Karr

300 pages - Mélanges philosophiquesClothilde (1839)Clovis Gosselin (1851)Einerley (1838)En fumantEn fumant (1861)Encore les femmesGeneviève (1838)Hortense (1841)La Maison de l'ogre (1890)La Pénelope normande (1860)Le chemin le plus court (1836)Le livre de bord : souvenirs, portraits, notes au crayonLes Femmes (1853)Les GuêpesLes Guêpes (cinquième série), février 1844Les Guêpes (cinquième série), juillet 1844Les Guêpes (cinquième série), mars 1844Les Guêpes (cinquième série), novembre 1843Les Guêpes (deuxième série), Avril 1841