Auteur

Alphonse Karr

Peut-être le bonheur n'est-il qu'un contraste, mais il y a une foule de petits bonheurs qui suffisent pour parfumer la vie.
Les femmes devinent tout; elles ne se trompent que quand elles réfléchissent.
Quoi! ce n'est pas le professeur qui professe? - Jamais. - Que fait-il? - Il émarge. - Qu'entendez-vous par ces paroles? - Il touche son traitement.
L'amour est une chasse où le chasseur doit se faire poursuivre par le gibier.
Il faut établir que, de toutes les belles actions, la plus belle est sans contredit de cacher son mérite.
Je le crois, puisque mademoiselle le dit; mais trente ans, c'est le plus bel âge de la femme; les jeunes filles plaisent aux vieillards, mais les gens de bon goût ne regardent pas une femme avant qu'elle n'ait trente ans.
D'ailleurs, ne vous trompez pas sur la générosité des jeunes gens, l'âge auquel on partage tout est généralement l'âge où on n'a rien.
Une femme dans un salon est une fleur dans un bouquet.
Eh bien! ne m'aimez pas; mais laissez-moi, méchante - Aimer et votre souffle, et votre voix vibrante, - Comme j'aime la fleur, comme l'oiseau qui chante, - Et le bleu de vos yeux comme le bleu du ciel.
L'amour est le soleil qui fait éclore toutes ces célestes fleurs de l'âme et qui leur fait exhaler tant de suaves parfums.
Un regard qu'un autre homme fixe sur toi souille ta pureté, et me dérobe quelque chose de mon bien; tu es une fleur dont le parfum m'appartient.
Dans la première jeunesse, on aime une femme parce qu'elle est une femme; - Ce n'est que plus tard qu'on aime une femme parce qu'elle est elle.
Le langage de l'amour a une si douce musique, qu'on n'est pas exigeant pour les paroles.
Nos vices ont leurs fonctions: la gourmandise remonte l'horloge; la lâcheté nous conserve; la vanité et l'avarice nous font faire avec plaisir diverses corvées utiles à la conservation, à l'entretien et au nettoyage du globe que nous habitons.
Je t'aime de l'amour le plus passionné, le plus ardent. Quand je rêve la gloire, c'est pour que tu sois fière de moi. Je n'envie la couronne de lauriers et de fleurs de l'artiste que pour la mettre sur tes cheveux noirs.
Ecoute bien ce que je vais te dire; c'est mon secret et mon trésor, c'est mon présent et mon avenir, c'est ma part de bonheur dans la vie que je vais confier à ton coeur. Je t'aime.
Quand la femme obéit à ses instincts, ce qu'elle aime le plus dans l'homme, c'est la force et l'audace.
Ce serait une épouvantable chose que l'avarice, si les avares vivaient toujours. Mais ils font dans la société l'office des citernes qui tiennent enfermée l'eau rassemblée par les gouttières de la maison.
L'héritier vient après l'avare, comme la pluie vient après la sécheresse.
Votre femme est une rose, disait-on à un poête aveugle. - Je m'en doutais aux épines, répondit-il.
Au commencement de la vie, on est entraîné par une pente irrésistible, mais douce encore, entre des rives vertes et ombragées; l'air est parfumé par les fleurs semées dans l'herbe, et les oiseaux chantent aux bords, dans les oseraies.
Qui pourrait voir avec plaisir un vent précoce secouer la fleur des amandiers, sous prétexte que les fruits en mûriront plus tôt? Est-ce jamais une bonne chose que les fruits de primeur?
La plus belle parure d'une femme est la modestie.
La femme qui aime doit faire tendre tous ses efforts à ne rien laisser prendre d'elle aux autres hommes; sa beauté, ses regards, sa voix, tout appartient à son amant.
Les gens trop heureux sentent le besoin de se créer des tourments et des ennuis.

Œuvres de Alphonse Karr

300 pages - Mélanges philosophiquesClothilde (1839)Clovis Gosselin (1851)Einerley (1838)En fumantEn fumant (1861)Encore les femmesGeneviève (1838)Hortense (1841)La Maison de l'ogre (1890)La Pénelope normande (1860)Le chemin le plus court (1836)Le livre de bord : souvenirs, portraits, notes au crayonLes Femmes (1853)Les GuêpesLes Guêpes (cinquième série), février 1844Les Guêpes (cinquième série), juillet 1844Les Guêpes (cinquième série), mars 1844Les Guêpes (cinquième série), novembre 1843Les Guêpes (deuxième série), Avril 1841