Auteur

Aleksandr Aleksandrovitch Blok

L'art, c'est le pressentiment de la vérité.
Tout cela est passé, passé, passé: - Des jours le périple est parachevé. - Quel est le mensonge ou quelle est la force, - O passé, qui peut te faire renaître?
Mais pourtant l'heure vint, et tu t'en es allée, - J'ai jeté dans la nuit notre bague d'amour, - Et toi tu as remis ton destin à un autre, - Et j'ai perdu les traits charmants de ton visage.
Lune terrible: sous sa lumière, le monde ressemble à un cadavre nu et hideux.
Combre soir - Neige blanche, - Et le vent, le vent... - On titube dans le noir. - Par le monde blanc - Seul, le vent!
Mon siècle est solitude, et allégresse aussi, - Amoureux de l'anéantissement - Et moi plus qu'aucun homme illustre - Je suis témoin de l'univers qui sombre.
L'inspiration naît du silence.
Au fond de moi-même un trésor sommeille - Dont j'ai les clefs, seul, en ma main... - Ivrogne, ta sagesse m'émerveille : - La vérité dort dans le vin !
Avant, après moi, les guerriers défilent, - Longtemps ma Patrie encor souffrira, - En ta messe basse, ô ma douce amie, - O ma claire épouse, il t'en souviendra !
Nul coeur ne saurait goûter de repos, - La nue ne s'est pas sans cause assombrie, - L'armure est pesante avant les assauts, - Ton heure a sonné, sache-le... et prie...

Œuvres de Aleksandr Aleksandrovitch Blok

Anthologie de la poésie russe, par J. David.Aux champs de KoulikovoChâtimentJournal, octobre 1911L'InconnueLe Monde terrible (2003)Les Douze (1923)