Un écrivain écrit en grande partie pour être lu (ceux qui disent le contraire, admirons-les, mais ne les croyons pas).
Les oeuvres d'un homme retracent souvent l'histoire de ses nostalgies ou de ses tentations, presque jamais sa propre histoire, surtout lorsqu'elles prétendent à être autobiographiques. - Aucun homme n'a jamais osé se peindre tel qu'il est.
Un jour vient où, à force de raideur, plus rien n'émerveille, tout est connu, la vie se passe à recommencer. C'est le temps de l'exil, de la vie sèche, des âmes mortes. Pour revivre, il faut une grâce, l'oubli de soi ou une patrie.
Ceux qui aiment et qui sont séparés peuvent vivre dans la douleur, mais ce n'est pas le désespoir: ils savent que l'amour existe.
On supporterait tellement mieux nos contemporains s'ils pouvaient de temps en temps changer de museau. Mais non, le menu ne change pas. Toujours la même fricassée.
(En parlant de l'amour) - C'est le genre de maladies qui n'épargnent ni les intelligents ni les imbéciles.
Notez bien, le malheur c'est comme le mariage. On croit qu'on choisit et puis on est choisi.
Ce monde, tel qu'il est fait, n'est pas supportable. J'ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l'immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde.
Gouverner, c'est voler, tout le monde sait ça.
Le mensonge n'est jamais innocent.
Perdre la vie est peu de chose et j'aurai ce courage quand il le faudra. Mais voir se dissiper le sens de cette vie, disparaître notre raison d'existence, voilà ce qui est insupportable. On ne peut vivre sans raison.
Hélicon: Il faut un jour pour faire un sénateur et dix ans pour faire un travailleur. - Caligula: Mais j'ai bien peur qu'il en faille vingt pour faire un travailleur d'un sénateur.
On est toujours libre au dépens de quelqu'un.
Il n'y a que la haine pour rendre les gens intelligents.
Ah! tu ne sais pas que seul, on ne l'est jamais! Et que partout le même poids d'avenir et de passé nous accompagne!
On ne peut aimer celui de ses visages qu'on essaie de masquer en soi.
Et c'est si bon de se contredire de temps en temps. Cela repose.
L'insécurité, voilà ce qui fait penser.
Aimer un être, c'est accepter de vieillir avec lui.
Je sais, par expérience, qu'il vaut mieux ne pas les regarder (les victimes). Il est plus facile de tuer ce qu'on ne connaît pas.
... l'amour des hommes est un déchirement. Ils ne peuvent se retenir de quitter ce qu'ils préfèrent.
Je ne déteste que les bourreaux.
... l'esprit ne peut rien contre l'épée, mais ... l'esprit uni à l'épée est le vainqueur éternel de l'épée tirée pour elle-même.
On ne possède bien que ce qu'on a payé.
Les mots prennent toujours la couleur des actions ou des sacrifices qu'ils suscitent.
Œuvres de Albert Camus
12 mai 1959.ActuellesActuelles (1950-1958)Actuelles I, Chroniques 1944-1948 (1950)Actuelles I, Première réponseActuelles II, Chroniques 1948-1953Actuelles III, Chroniques algériennes, 1939-1958 (1958)ApocrypheCaligula (1944)Caligula (1944), II, 2Caligula (1944), III, 2Caligula (1944), IV, 13Caligula (1944), IV, 6CarnetsCarnets I, décembre 1937Carnets I, mai 1935 - février 1942 (1962)Carnets I, mai 1935 - février 1942 (1962), 1937Carnets II, janvier 1942 - mars 1951 (1964)Carnets III, mars 1951 - décembre 1959 (1989)Carnets, II