Au-delà des mots, quelque chose parfois nous propulse vers la solitude de l'autre, vers son désespoir, son impuissance ou sa colère, cela même qui ne se partage pas et que l'on croit pourtant reconnaitre.

À lire aussi de Delphine de Vigan

C'est du chagrin et puis c'est tout. Un grand chagrin qui ne se dissout pas dans l'eau, ni dans l'air, un genre de composant solide qui résiste à tout.
L'écriture me met à nu, détruit une à une mes barrières de protection, défait en silence mon propre périmètre de sécurité.
Peut-être que dans la vie on a une seule chance, tant pis si on ne sait pas la saisir, ça ne revient pas.
Ce qui continue de m'étonner, ce qui me sidère même, ce qui encore aujourd'hui, après plus de dix ans de pratique, me coupe parfois littéralement le souffle, c'est la pérennité des douleurs d'enfance. Une empreinte ardente, incandescente, malgré les années. Qui ne s'efface pas.
Ils n'ont pas eu besoin de parler pour savoir qu'ils pouvaient s'entendre. Il suffisait de se regarder ; communautés tacites – sociales, affectives, émotionnelles – signes abstraits, fugaces, de reconnaissance mutuelle, qu'ils seraient pourtant incapables de nommer. Ils ne se sont plus quittés.
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Dans la même œuvre

Je cherche autour de moi une issue dérobée qui me permettrait d'échapper une fois pour toute à la réalité effective des choses.
J'étais pour ma part convaincue d'une chose: par définition l'amour emporte, accapare, renverse, et rien d'autre ne vaut la peine.
Faut-il toujours des mots pour nommer les sentiments? Faut-il énoncer les choses pour qu'elles existent?
L'amour se nourrit de miettes, de bribes, de soupirs, l'amour n'a pas besoin de preuves, l'amour fait feu de tout bois et se gave d'illusions.
Mais vous devriez savoir qu'on ne promet pas seulement avec les mots, que parfois la voix se fait plus profonde, plus grave, et qu'alors elle donne la force d'attendre, chaque jour.