De fait, il fumait bien son champ de tabac à lui seul, allumant chaque cigarette avec le mégot de la précédente, ce qui, quand il conduisait, embarquait la 2 CV dans un rodéo improvisé.
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Au début, l'artiste se pense dans l'absence, en termes d'impuissance. Je viens de là. J'ai ressenti cruellement le fait d'être un avorton, un bon à rien. Dans cette situation, le regard que les autres posent sur vous n'est guère valorisant. De là à développer un sentiment de paranoïa... Heureusement, la reconnaissance est venue.
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Une des grandes surprises du kiosque était non seulement la diversité des opinions, avec d'infinies nuances qui rendaient délicate une classification précise des convictions, mais l'absolue singularité de certaines réflexions, impossibles à ranger dans une nomenclature existante, recensées dans aucune des catégories mentales habituelles.
De jour en jour, l'actualité bonne fille nous fournissait nos sujets de conversation, abreuvait nos échanges, auxquels nous mêlions les nouvelles du quartier, de sorte que nous vivions dans un accommodement permanent entre le proche et le lointain.
La représentation de la beauté n'existait pas là où j'ai grandi, dans des contrées ravagées par la guerre, embuées par la pluie et l'esprit de la Contre-Réforme entre Nantes et Saint-Nazaire. Je n'appartiendrai jamais à l'école italienne, la peau je la donne telle quelle. Une autre religion dominait là-bas: celle du travail bien fait. Faire les choses c'était les bien faire.
C'est un sentiment que je connaissais bien, ce besoin de rectifier sa position dans le miroir de l'autre. Une façon de dire ne vous méprenez pas sur moi, ne tirez pas de conclusion à partir de ce que vous percevez. Tentation de se démarquer de la fonction à quoi les gens vous réduisent. Et vous réduisent longtemps quand bien même elle n'est plus d'actualité.
Dans la même œuvre
Tous les modes d'écriture m'intéressent: le roman, le théâtre, le commentaire, le scénario, les figures imposées, les figures libres et la soirée de gala! Je ne méprise rien même si le roman est ma ligne de force.
Je viens d'un monde où l'on n'était pas propriétaire de l'imparfait du subjonctif. Alors je m'autorise des récréations, comme de réécrire en ce moment les dialogues d'un téléfilm. L'important est de bien délimiter son domaine de compétence et de résister à l'esprit de sérieux. A partir de là je fais mon numéro de patineur.
Moi, je ne suis jamais qu'un recycleur de connaissances. L'art poétique, la mécanique romanesque obéissent à d'autres règles que celles du savoir.
Il faut tout à la fois se laisser flotter comme un petit bouchon au fil de l'eau et ne pas se laisser emporter par les rapides. C'est ce double mouvement qui fait tout l'intérêt du roman.
Si vous ne vous lancez pas, un peu comme un parachutiste convaincu que la toile va s'ouvrir, il n'y a pas d'écriture en tant que telle. Écrire, c'est se jeter dans le vide en se disant je serai rattrapé; par le sens, évidemment.