A ses collaborateurs, il avait enseigné que la réflexion et la décision sont deux choses, que la réflexion ne provoque pas forcément la bonne décision ni aucune décision, qu'au contraire elle peut rendre la décision si compliquée et difficile que cela paralyse. La réflexion demande du temps, la décision exige du courage, et il savait maintenant que ce qui lui manquait, ce n'était pas le temps de la réflexion, mais le courage de se décider. Il savait aussi que la vie porte à votre compte aussi bien les décisions qu'on ne prend pas que celles qu'on prend.

À lire aussi de Bernhard Schlink

Je n'ai rien contre les humains. Mais ils ne sont pas obligés d'être partout.
Il n'enjolivait pas les choses, il les trouvait belles, il trouvait la beauté là où les autres la déformaient ou la méconnaissaient, et prenait les attributs que les autres employaient pour exprimer leur admiration afin d'exprimer la sienne.
Dis-le, Hanna. Dis que tu voulais leur rendre supportable leur dernier mois. Que c'est pour ça que tu choisissais les fragiles et les faibles. Qu'il n'y avait pas d'autre raison, qu'il ne pouvait pas y en avoir d'autre. Mais l'avocat ne demanda rien, et Hanna ne parla pas d'elle-même.
Elle se disait qu'en amour on n'est pas à la disposition l'un de l'autre, mais qu'on est un cadeau, et qu'on pouvait être un cadeau l'un pour l'autre aussi par lettres.
Mais on était heureux ! Parfois le souvenir n'est déjà plus fidèle au bonheur quand la fin fut douloureuse. Parce que le bonheur n'est pas vrai s'il ne dure pas éternellement ? Parce que ne peut finir douloureusement que ce qui était douloureux, inconsciemment et sans qu'on le sût ?
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Dans la même œuvre

Comment veux-tu que mon fils soit heureux s'il n'est plus juif ?
A quel moment est-on obligé de s'avouer qu'une dispute n'est pas une simple dispute ? Qu'elle n'est pas un orage après lequel le soleil brille à nouveau, ni une saison pluvieuse à laquelle succédera le beau temps, mais le mauvais temps normal ? Que se réconcilier ne résout rien, ne règle rien et ne fait que traduire l'épuisement et instaurer un répit plus ou moins long, au terme duquel la dispute reprendra ?
Il faut être heureux pour pouvoir rendre heureux. Il faut se faire plaisir pour pouvoir contribuer au mieux-être des autres. Et, même si l'on ne rend heureux que soi-même, chaque miette de bonheur qui advient fait du monde un lieu plus heureux, que cette miette soit à vous ou à autrui.
Tant que l'alcoolique n'a pas touché le fond, tant qu'il peut encore tomber plus bas, il n'arrêtera pas de boire.
Il n'enjolivait pas les choses, il les trouvait belles, il trouvait la beauté là où les autres la déformaient ou la méconnaissaient, et prenait les attributs que les autres employaient pour exprimer leur admiration afin d'exprimer la sienne.