Mais enfin l'on condamnait et châtiait quelques rares individus, tandis que nous, la génération suivante, nous nous renfermions dans le silence et l'horreur, de la honte et de la culpabilité : et voilà, c'était tout ?
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Elle se disait qu'en amour on n'est pas à la disposition l'un de l'autre, mais qu'on est un cadeau, et qu'on pouvait être un cadeau l'un pour l'autre aussi par lettres.
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À lire aussi de Bernhard Schlink
Je renonçais donc à raconter. Si la vérité de ce qu'on dit, c'est ce qu'on fait, on peut aussi bien renoncer à parler.
Je voulais à la fois comprendre et condamner le crime d'Hanna. Mais il était trop horrible pour cela. Lorsque je tentais de le comprendre, j'avais le sentiment de ne plus le condamner comme il méritait effectivement de l'être. Lorsque je le condamnais comme il le méritait, il n'y avait plus de place pour la compréhension (...) Je voulais assumer les deux, la compréhension et la condamnation. Mais les deux ensemble, cela n'allait pas.
Comme elle ne savait rien des auteurs, elle supposait que c'étaient des contemporains aussi longtemps que ce n'était pas manifestement exclu. J'étais stupéfait de voir la quantité d'œuvres anciennes qui peuvent effectivement se lire comme si elles étaient d'aujourd'hui.
Mais on était heureux ! Parfois le souvenir n'est déjà plus fidèle au bonheur quand la fin fut douloureuse. Parce que le bonheur n'est pas vrai s'il ne dure pas éternellement ? Parce que ne peut finir douloureusement que ce qui était douloureux, inconsciemment et sans qu'on le sût ?
Dans la même œuvre
Elle aimait les cimetières parce que là ils étaient tous égaux, les puissants et les faibles, les pauvres et les riches, les gens qui avaient été aimés et ceux dont personne ne s'était soucié, ceux qui avaient connu le succès et ceux qui avaient échoué. À cela le mausolée ou la statue d'ange ou l'imposant tombeau ne changeaient rien. Ils étaient tous également morts, nul ne pouvait ni ne voulait plus être grand, et trop grand ne voulait plus rien dire.
Les gens sociables vivent dans le présent, les solitaires dans le passé.
Apprendre, c'était un privilège. Ne pas apprendre quand on en avait la possibilité, c'était se montrer bête, enfant gâté, prétentieux. Non, ces mauvaises notes au lycée, ça n'allait pas, mais alors pas du tout.
Quels lâches vous êtes, vous les hommes ! Tu n'avais pas eu le courage de m'annoncer la bêtise que tu allais faire en partant pour l'hiver, lui n'a pas eu le courage de parler avec moi de son choix politique démentiel. ... Face à la neige et à la glace, aux armes et à la guerre, là vous vous sentez à la hauteur, vous les hommes, mais pas face aux questions d'une femme.
L'histoire n'est pas le passé tel qu'il fut réellement. C'est la forme que nous lui donnons.