En Afrique, un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle.

À lire aussi de Amadou Hampâté Bâ

Les eaux de tes sources et de tes rivières sont abondantes et claires. Elles portent le parfum de fleurs variées et de racines odoriférantes, tel le vétiver dont l'arôme éloigne les insectes nauséabonds.
Les hommes peuvent atteindre un but commun sans emprunter les mêmes voies.
Les filles mossis et bambaras, noires comme de l'ébène sahélien, étaient si élancées et d'une telle grâce qu'en les voyant au marché on se serait cru à une foire organisée pour un concours de beauté.
Je pense à cette humanité analphabète, il ne saurait être question de livres ni d’archives écrites à sauver des insectes, mais il s’agira d’un gigantesque monument oral à sauver de la destruction par la mort, la mort des traditionalistes qui en sont les seuls dépositaires. Ils sont hélas au déclin de leurs jours. Ils n’ont pas partout préparé une relève normale. En effet, notre sociologie, notre histoire, notre pharmacopée, notre science de la chasse, et de la pêche, notre agriculture, notre science météorologique, tout cela est conservé dans des mémoires d’hommes, d’hommes sujets à la mort et mourant chaque jour. Pour moi, je considère la mort de chacun de ces traditionalistes comme l’incendie d’un fond culturel non exploité.
Je suis un diplômé de la grande université de la Parole enseignée à l'ombre des baobabs.
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Quand un Africain meurt, c'est une bibliothèque qui brûle.
En Afrique, quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle.
Je pense à cette humanité analphabète, il ne saurait être question de livres ni d’archives écrites à sauver des insectes, mais il s’agira d’un gigantesque monument oral à sauver de la destruction par la mort, la mort des traditionalistes qui en sont les seuls dépositaires. Ils sont hélas au déclin de leurs jours. Ils n’ont pas partout préparé une relève normale. En effet, notre sociologie, notre histoire, notre pharmacopée, notre science de la chasse, et de la pêche, notre agriculture, notre science météorologique, tout cela est conservé dans des mémoires d’hommes, d’hommes sujets à la mort et mourant chaque jour. Pour moi, je considère la mort de chacun de ces traditionalistes comme l’incendie d’un fond culturel non exploité.