Ainsi qu'en sots auteurs, - Notre siècle est fertile en sots admirateurs.
❧
Ce que l'on conçoit bien s’énonce clairement, - Et les mots pour le dire arrivent aisément
◆
À lire aussi de Nicolas Boileau-Despréaux
Douze ans sont écoulés depuis le jour fatal - Qu'un libraire, imprimant les essais de ma plume, - Donna, pour mon malheur, un trop heureux volume.
En vain contre le Cid un ministre se ligue - Tout Paris a pour Chimène les yeux de Rodrigue - L'Académie en corps a beau le censurer, - Le public révolté s'obstine à l'admirer.
La rime, au bout des mots assemblés sans mesure, - Tenait lieu d'ornements, de nombre et de césure.
Les livres sur Evrard fondent comme la grêle - Qui, dans un grand jardin, à coups impétueux, - Abat l'honneur naissant des rameaux fructueux.
Dans la même œuvre
L'ignorance toujours est prête à s'admirer.
La plaintive élégie, en longs habits de deuil, - Sait, les cheveux épars, gémir sur un cerceuil.
La rime est une esclave et ne doit qu'obéir.
Le Français, né malin, forma le vaudeville.
Le latin dans les mots brave l'honnêteté, - Mais le lecteur français veut être respecté.