Elle avait fini par développer un don pour l'invisible et logiquement, sans éclats, sans prévenir, comme si elle y était évidemment destinée, elle avait disparu.
❧
Vous ne devriez pas chercher à tout comprendre. Les enfants, c'est comme les adultes. Il n'y a rien à comprendre
◆
À lire aussi de Leïla Slimani
Un enfant unique, c'est trop triste. Quand je vois le bonheur que c'est d'avoir un frère ou une sœur, je ne pourrais jamais en priver mes enfants
L'amour, ça n'est que de la patience. Une patience dévote, forcenée, tyrannique. Une patience déraisonnablement optimiste.
Elle boit et l'inconfort de vivre, la timidité de respirer, toute cette peine fond dans les verres qu'elle sirote, du bout des lèvres
Son visage est comme une mer paisible, dont personne ne pourrait soupçonner les abysses.
Dans la même œuvre
Le destin est vicieux comme un reptile, il s'arrange toujours pour nous pousser du mauvais côté de la rampe
On lui a toujours dit que les enfants n'étaient qu'un bonheur éphémère, une vision furtive, une impatience. Une éternelle métamorphose.
Elle avait fini par développer un don pour l'invisible et logiquement, sans éclats, sans prévenir, comme si elle y était évidemment destinée, elle avait disparu.
Tu vois, tout se retourne et tout s'inverse. Son enfance et ma vieillesse. Ma jeunesse et sa vie d'homme. Le destin est vicieux comme un reptile, il s'arrange toujours pour nous pousser du mauvais côté de la rampe
Elle avait toujours refusé l'idée que ses enfants puissent être une entrave à sa réussite, à sa liberté. Comme une ancre qui entraîne vers le fond, qui tire le visage du noyé dans la boue. Cette prise de conscience l'a plongée au début dans une profonde tristesse. Elle trouvait cela injuste, terriblement frustrant. Elle s'était rendu compte qu'elle ne pourrait plus jamais vivre sans avoir le sentiment d'être incomplète, de faire mal les choses, de sacrifier un pan de sa vie au profit d'un autre. Elle en avait fait un drame, refusant de renoncer au rêve de cette maternité idéale.