Une vision singulièrement belle, ici la nuit : au pied de la colonne de la Bastille, le passage des rames de la ligne 1 dans un pan de lumière suspendu au-dessus du bassin, mais situé sous la surface du sol – miracle fugitif d’un métro à la fois souterrain et aérien, et glissant même sur les eaux.

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Pour caractériser mon personnage, disons tout d’abord que ses origines sociales modestes et sa très grande culture le singularisent à la cour. Il lui arrive d’être naïf, maladroit, de susciter la colère ou l’hilarité du roi ; il est ambitieux aussi, il écrit de la littérature, et caresse même l’idée, très brièvement, de se laisser porter à de hautes responsabilités par les révolutionnaires qui entrent en contact avec lui. Il a le même âge que le roi, il a été choisi, quand il était enfant, pour accompagner ce prince dans sa scolarité, et il y a entre eux un rapport complexe de familiarité et de distance, presque de rivalité gémellaire. Sa « confession », comme vous l’appelez, s’arrête en 1972, et on le retrouve à la fin, en 1999, après la mort du roi et peu avant la sienne. Il y a une grande ellipse narrative concernant ce qui lui arrive alors, mais il est cependant assez clair que sa vie va prendre un autre tour, et qu’il ne sera sans doute plus ce lettré aux mains à peu près pures dont on a suivi le récit.
Paris est un consentement au temps.
Je me souviens que je me demandais comment les petits voiliers prisonniers du jet d'eau au milieu du bassin du Luxembourg pourraient se sortir un jour des griffes de ce monstre marin.
Puissance magique insoupçonnée du bois de Vincennes : édifices apparus et disparus comme des songes, laissant derrière eux des souvenirs et des mythes. Université expérimentale dont il ne reste rien, absolument rien, dont les anciens étudiants, venant en pèlerinage, doutent même de l’emplacement quand ils ne voient là que de l’herbe et des arbres […] et qui partage étrangement le sort de la réplique du temple d’Angkor construite pour l’exposition coloniale en 1931, près du lac Daumesnil.
Pour donner au style de mon personnage un aspect proche de celui d’un historiographe du XVIIe ou du XVIIIe siècle, je me suis replongé dans la littérature de cette époque, et pas seulement dans les « Mémoires » de Saint-Simon ou les « Mille et une nuits » traduites par Antoine Galland. Je mentionnerai en particulier deux chefs-d’œuvre de style : Le Siècle de Louis XIV de Voltaire (qui fut lui-même, un temps, historiographe au service de Louis XV) et « Histoire d’une Grecque moderne » de l’abbé Prévost.
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Je me souviens que je me demandais comment les petits voiliers prisonniers du jet d'eau au milieu du bassin du Luxembourg pourraient se sortir un jour des griffes de ce monstre marin.
Évoquer le souvenir d'une chose qui n'est plus ne signifie pas nécessairement que l'on regrette, ou que l'on déplore, sa disparition, ni que l'on voudrait à toute force qu'elle revienne.
Paris est un consentement au temps.
Puissance magique insoupçonnée du bois de Vincennes : édifices apparus et disparus comme des songes, laissant derrière eux des souvenirs et des mythes. Université expérimentale dont il ne reste rien, absolument rien, dont les anciens étudiants, venant en pèlerinage, doutent même de l’emplacement quand ils ne voient là que de l’herbe et des arbres […] et qui partage étrangement le sort de la réplique du temple d’Angkor construite pour l’exposition coloniale en 1931, près du lac Daumesnil.