Paris est un consentement au temps.

À lire aussi de Maël Renouard

J’ai trouvé, en me documentant, qu'un roman sur le Maroc et sur Hassan II, était une matière très riche pour la littérature, un contexte historique particulier déjà romanesque en soi, mêlant à la fois, du point de vue de l’histoire, le XVIIe et le XXe siècle, et du point de vue de la géographie, l’Orient et l’Occident. J’ai voulu mettre en évidence cette atmosphère très singulière par les moyens de la littérature. C’est également un contexte historique prodigue en événements, en rebondissements, et en anecdotes liées à la vie de la cour, dans l’entourage d’un roi séducteur, spirituel, mais aussi capable d’arbitraire et de cruauté. Et j’ai créé un personnage de poète et d’historien dont le point de vue permet de mettre tout cela en lumière.
J’ai été frappé, en lisant des ouvrages historiques sur Hassan II, de voir que quelquefois la réalité rejoignait l’univers des contes des « Mille et une nuits ». Hassan II (et déjà son père, Mohammed V) se déplaçait incognito en se déguisant en homme du commun, pour sonder l’opinion du peuple, comme le calife de Bagdad dans les « Mille et une nuits ».
L'intériorité n'est plus chez elle. Le monde l'a envahie et la surpeuplée. Autrefois, je n'arrivais à me concentrer que chez moi, dans la solitude et le silence. C'est exactement ce que je dois fuir désormais, si je veux espérer employer efficacement les heures d'une journée : sinon, j'explore sur l'internet toutes les choses qui me passent par la tête, les brèves distractions mentales qui ponctuent normalement un travail soutenu prennent des proportions démesurées, le temps file entre mes doigts et je me regarde le perdre en continuant de tirer des bouffées de cet opium. C'est dans l'étendue physique - beaucoup moins foisonnante, en définitive - que je me réfugie pour retrouver la faculté de me concentrer.
Une vision singulièrement belle, ici la nuit : au pied de la colonne de la Bastille, le passage des rames de la ligne 1 dans un pan de lumière suspendu au-dessus du bassin, mais situé sous la surface du sol – miracle fugitif d’un métro à la fois souterrain et aérien, et glissant même sur les eaux.
Je préfère, en littérature, montrer plutôt que démontrer, et la recherche du plaisir du lecteur prime sur la définition de thèmes à traiter, mais il est certain que c’est un livre qui évoque le pouvoir, l’arbitraire, les vicissitudes que traversent ceux qui se trouvent dans l’entourage des rois, des chefs d’État, des « Grands », comme on aurait dit au XVIIe siècle.
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Dans la même œuvre

Je me souviens que je me demandais comment les petits voiliers prisonniers du jet d'eau au milieu du bassin du Luxembourg pourraient se sortir un jour des griffes de ce monstre marin.
Évoquer le souvenir d'une chose qui n'est plus ne signifie pas nécessairement que l'on regrette, ou que l'on déplore, sa disparition, ni que l'on voudrait à toute force qu'elle revienne.
Une vision singulièrement belle, ici la nuit : au pied de la colonne de la Bastille, le passage des rames de la ligne 1 dans un pan de lumière suspendu au-dessus du bassin, mais situé sous la surface du sol – miracle fugitif d’un métro à la fois souterrain et aérien, et glissant même sur les eaux.
Puissance magique insoupçonnée du bois de Vincennes : édifices apparus et disparus comme des songes, laissant derrière eux des souvenirs et des mythes. Université expérimentale dont il ne reste rien, absolument rien, dont les anciens étudiants, venant en pèlerinage, doutent même de l’emplacement quand ils ne voient là que de l’herbe et des arbres […] et qui partage étrangement le sort de la réplique du temple d’Angkor construite pour l’exposition coloniale en 1931, près du lac Daumesnil.